Les sénateurs prônent un gel des tarifs des autoroutes pendant deux ou trois ans
Peu crédible compte tenu des sommes en jeu, et malgré l’appel médiatique renouvelé par certains députés, la perspective d’une dénonciation des contrats de concession des autoroutes signés en 2006 afin de les renégocier s’éloigne un peu plus. En recevant hier le rapport d’information sur la place des autoroutes dans les infrastructures de transport, Claude Bartolone, le président de l’Assemblée nationale a réclamé l’ouverture d’un débat parlementaire. Une demande qui repousse de fait toute idée de dénonciation des contrats à 2016.
Le débat, qui ne pourrait se tenir qu’en 2015, interdirait toute rupture avant la fin décembre 2014. Si le gouvernement choisissait cette voie, il lui faudrait donc attendre décembre 2015 pour dénoncer les contrats.
Cette solution radicale ne fait pas l’unanimité au sein des parlementaires eux-mêmes. Certains députés de la mission divergent avec les conclusions du rapport. De même, rendues hier après-midi, les conclusions du groupe de travail du Sénat sur les concessions autoroutières se montrent beaucoup plus douces. «La grande majorité des membres est sceptique sur la perspective d’un rachat généralisé des concessions», indiquent les sénateurs.
Ils proposent en revanche de mettre fin à la pratique des contrats de plan signés avec les sociétés d’autoroutes qui permettent d’allonger la durée des concessions en échange de nouveaux investissements. La hausse mécanique des tarifs de péages serait ainsi réduite à la seule partie de 70% réservée au critère d’inflation. Ils prônent également un «rééquilibrage total des relations entre l’Etat et les concessionnaires» grâce à une «révision de la loi tarifaire avec un gel des péages pendant deux ou trois ans et l’introduction de clauses de partage ou de réinvestissement des bénéfices».
Une position qui n’est pas diamétralement opposée des propositions formulées par l’association des concessionnaires. «Nous sommes prêts à étudier éventuellement un ralentissement de la hausse des tarifs par un étalement sur plus d’années du remboursement des travaux que nous faisons sur les autoroutes» ainsi qu’une «clause de superprofits au-delà d’un seuil de rentabilité», a déclaré hier le PDG d’Eiffage, Pierre Bergé, sur BFM. «On continue à travailler, on vous le dira bientôt», a indiqué hier le ministre de l’Economie Emmanuel Macron.
Plus d'articles du même thème
-
«Croissance et inflation limitent le potentiel de dépréciation du dollar à court terme»
Amélie Derambure, responsable de stratégies d’investissement multi-actifs chez Amundi. -
L'éducation financière est aussi une affaire de genre
Ce billet est issu de notre newsletter Ambitions dédiée aux femmes dans la finance. -
« Les valorisations japonaises restent raisonnables, nettement inférieures à celles du marché américain »
Valentin Bissat, chef économiste et stratégiste senior chez Mirabaud AM
ETF à la Une
VanEck lance un ETF sur les infrastructures d'électrification
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Atalian s’apprête à passer sous le contrôle de ses créanciers
- Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
- Berkshire Hathaway mise sur la promotion immobilière résidentielle
- Novobanco galvanise les ambitions de BPCE
Contenu de nos partenaires
-
Une « nécessité stratégique » : depuis la Normandie, Pete Hegseth appelle les pays européens à en faire plus pour leur sécurité
« L’Europe doit être la première à assurer sa défense conventionnelle », a indiqué le secrétaire américain à la Défense, depuis la Normandie, où il assistait aux commémorations du débarquement du 6 juin 1944 -
Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine refuse l’invitation pour une rencontre faite par Volodymyr Zelensky
Vladimir Poutine a retoqué la demande de Volodymyr Zelensky, qui proposait un cessez-le-feu complet pendant de nouvelles discussions sur le conflit, avec un échange de tous les prisonniers de guerre -
Bernadette Chirac, ancienne première dame, est décédée à l’âge de 93 ans
L’épouse de Jacques Chirac est décédée à l’âge de 93 ans, vendredi 5 juin. Après avoir vécu dans l’ombre de son mari lorsqu’il était ministre, Premier ministre et président de la République, elle l’a représenté dans les dernières années de sa vie