Les politiques énergétiques disparates en Europe pénalisent les «utilities»
Le manque de coordination entre Etats européens constitue un frein notable aux investissements dans les infrastructures électriques ou gazières, constate la 14ème édition de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie, étude annuelle de Capgemini à paraître aujourd’hui.
«La Commission européenne n’intervient pas dans les choix de mix-énergétique propres à chaque pays, comme en témoigne la variété des options retenues dans le nucléaire ou l’exploitation des gaz de schiste», explique Colette Lewiner, conseiller du président de Cap Gemini sur l’énergie. Or ces choix ont un impact majeur sur le développement des énergies renouvelables, qui conditionne à son tour l’efficacité de la politique de baisse des émissions de C02 supervisée par Bruxelles.
Les taxes sur la production électronucléaire en Allemagne, en Belgique ou plus récemment en Espagne montrent par ailleurs que les gouvernements considèrent toujours les «utilities» comme une source aisée de prélèvements supplémentaires, ce qui dissuade ces opérateurs d’investir dans des infrastructures pourtant indispensables à moyen terme.
«Au cours des 20 dernières années, les interconnexions construites en Europe ont représenté seulement 5.000 MW de capacités nouvelles, soit l’équivalent de l’écoulement électrique d’environ 5 centrales nucléaires», souligne Colette Lewiner.
Elle ajoute qu’une directive est en préparation «pour simplifier les procédures d’autorisation qui butent sur de nombreux recours administratifs». Par rapport au calendrier fixé en 2010, un tiers des 104 milliards d’euros d’investissements dans les réseaux électriques à haute tension prévus dans la région entre 2012 et 2022 ont été repoussés de 2 ans en moyenne, selon des chiffres publiés en juin dernier.
La pression grandissante qui s’exerce sur les «utilities» en Europe, combinée à une stagnation de la consommation d’énergie engendrée par la crise, s’est traduite par une baisse de leur rentabilité et une sous-performance boursière manifeste depuis 18 mois, en dépit d’un rendement des dividendes proche d’un plus haut historique de 7 fois.
Leur multiple de bénéfices (PER), qui stagne autour de 10 fois, est inférieur de 6 points à celui du secteur électrique et gazier américain, qui éprouve généralement moins de difficulté à répercuter au client final la hausse de ses coûts d’approvisionnement.
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