Les placements privés restent encore réservés aux meilleurs émetteurs
Après un coup d’arrêt depuis le mois de juillet, le temps pour les émetteurs de consolider leurs comptes semestriels et d’engager les discussions avec les investisseurs, les émissions de dette par placements privés sous le format Euro PP devraient connaître un sursaut d’ici à la fin de l’année, à l’image du pic d’activité constaté fin 2012.
Selon la Société Générale, numéro un sur ce type d’émissions avec environ 25% du marché, entre 4 et 5 milliards d’euros devraient ainsi avoir été levés en 2013, plus que les 3,2 milliards de 2012. Un montant annuel relativement conséquent pour un marché créé il y a deux ans mais qui risque de se révéler inférieur aux espoirs initiaux des différents intervenants, les projections de début d’année amenant plutôt le marché vers les 6 milliards.
Ce décalage provient notamment de la concurrence du marché public de la dette. Certains émetteurs, après avoir envisagé un placement privé auprès de quelques investisseurs, ont préféré bifurquer vers une émission classique. Il s’explique également par une démocratisation limitée du produit. «Avec des coupons entre 3% et 5%, les placements privés restent réservés à des sociétés qui ont une centaine de millions d’euros de dette minimum et des profils de crédits de qualité», avec des notations implicites «BB», reconnaît Guy Silvestre, co-responsable de l’activité marchés de capitaux à la Société Générale. En dessous de 150 millions d’euros de dette, l’émetteur est souvent de taille plus modeste, donc avec un profil de crédit plus risqué, ce qui peut refroidir des investisseurs encore à la découverte de ce nouveau marché.
Guy Silvestre aimerait «industrialiser ce processus, afin de pouvoir transposer le mouvement de désintermédiation vers des crédits plus difficiles», ce qui permettrait selon lui «de s’adresser à plus de 900 sociétés, contre une centaine actuellement en plus des groupes du CAC 40». Il mise notamment sur les réflexions de Place menées sous l’égide de la Banque de France sur la base du récent rapport de l’Association des marchés financiers. Le code de l’Euro PP qui doit en découler dans le courant du premier semestre 2014 permettrait de clarifier les engagements entre émetteurs et investisseurs et de renforcer la confiance envers ce marché naissant.
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