Les opérateurs de télécoms se délestent de leurs tours de transmission
Ce ne sont pas les infrastructures les plus spectaculaires. Pourtant, les pylônes de télécommunications font partie des actifs les plus recherchés. Après T-Mobile US ou AT&T, l’opérateur américain Verizon a profité de cet intérêt pour mettre en vente 12.000 tours sur lesquelles sont installés ses équipements de téléphonie mobile.
La boutique Tap Advisors, qui avait déjà conseillé T-Mobile US et AT&T, a été mandatée pour l’opération. Son montant est estimé à 6 milliards de dollars sur la base de 20 fois le cash-flow annuel, multiple pratiqué dans le secteur.
Les acheteurs profitent de la profondeur du marché de la dette pour financer à crédit ces opérations. L’américain Crown Castle affiche un levier de 4,8 fois l’Ebitda, légèrement supérieur à celui d’American Tower. En face, les revenus sont relativement sûrs et peuvent augmenter, si le contrat de location le prévoit, en fonction de l’évolution du trafic provoquée notamment par le déploiement de la 4G. Une fois racheté à l’opérateur, le pylône se loue en moyenne 2.000 dollars par mois, dont près de deux tiers se transforment en cash-flows compte tenu de la structure de coûts de l’actif. JPMorgan estime ainsi à 311 millions d’euros par an les cash-flows que permettraient de générer les pylônes de Verizon.
Pour les opérateurs, la vente des points hauts contribue à leur désendettement. Telecom Italia réfléchirait par exemple à mettre en Bourse les pylônes de son réseau mobile italien et à céder ses actifs au Brésil. Objectif: récupérer plus de 2 milliards d’euros. Wind, numéro trois italien des télécoms, réfléchit aussi à la vente de ses points hauts. Telefonica a déjà franchi le pas au Brésil en signant un accord avec SBA Communications et en Espagne avec Abertis.
Si Orange a déjà vendu de nombreuses tours dans ses filiales africaines, notamment à IHS, la participation de Wendel, Bouygues Telecom est le seul opérateur à avoir vendu des pylônes en France. La cession fin 2012 de 2.166 tours, pour un montant de 205 millions d’euros, à FPS Towers, une société ad hoc créée par le fonds Antin Infrastructures, avait contribué au financement de l’acquisition de nouvelles fréquences hertziennes.
Depuis, les secousses provoquées par l’arrivée de Free Mobile et le rachat de SFR par Numericable ont bloqué le secteur. Et compliqué la cession de TDF, dont une partie de l’activité repose sur la location de pylônes de télévision aux opérateurs de télécoms.
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