Les opérateurs de télécoms européens sont mis à l'épreuve par la crise

KPN a lancé un fort avertissement sur résultats pour 2012. La dégradation de la conjoncture renforce l'érosion des ventes et des marges du secteur
Olivier Pinaud

KPN a ouvert la boîte de Pandore. En annonçant des prévisions de résultats très largement en dessous des attentes pour 2012, l’opérateur de télécommunications néerlandais confirme les craintes d’un dérapage prononcé du secteur cette année. Numéro un aux Pays-Bas, le groupe est aussi présent en Allemagne et en Espagne, ce qui en fait un bon indicateur avancé alors que France Télécom, Deutsche Telekom et Telefonica n’annonceront leurs résultats 2011 que fin février. Hier, alors que le cours de l’action KPN chutait de 7,18%, l’indice européen Stoxx des télécoms pliait de 1,42%.

Certains des maux à l’origine de la chute de 14% du bénéfice net de KPN et de ses piètres prévisions pour 2012 proviennent de difficultés internes. Mais la dégradation de la conjoncture, couplée à un renforcement de la concurrence, notamment aux Pays-Bas dans le mobile, n’est pas étrangère à l’avertissement sur résultats de l’opérateur. Comme l’avait démontré la récession de 2008-2009, les opérateurs de télécoms ne sortent pas totalement indemnes des crises. Stéphane Richard, le PDG de France Télécom, a reconnu avant-hier sur BFM Business avoir observé, «et c’est très rare, une baisse des trafics» dans certains pays, en Espagne par exemple.

Rien qu’au cours du quatrième trimestre 2011, le consensus d’analystes Bloomberg pour le chiffre d’affaires des cinq premiers opérateurs intégrés européens a été abaissé de 5%. Conséquence, alors que les baisses de charges ne suffisent pas à compenser cette pression sur les ventes, les marges ne cessent de plier. En 2008, le secteur européen affichait un excédent brut d’exploitation en hausse de 7%. En 2011, l’Ebidta devrait avoir perdu plus de 6%, selon les analystes de la Société Générale, après une chute de 3% en 2010.

Au bout du compte, pour assurer le financement de leurs investissements (achats de licences, nouveaux réseaux fixes ou mobiles…), les opérateurs risquent de devoir tailler dans leurs dividendes. KPN, dont le cash-flow disponible devrait chuter de 25% à 35% cette année, a déjà prévenu qu’il renonçait au plan de rachats d’actions envisagé pour 2012. La rumeur annonce une baisse du dividende chez Telecom Italia dès mai prochain. Pour France Télécom, l’idée d’une modération en 2013 fait son chemin sur le marché. Hier, le rendement offert par le dividende de 1,4 euro promis pour cette année évoluait tout près de son record, à 12,5%.

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