Les obligataires d’Areva sont mis à rude épreuve
En envoyant l’entreprise publique Areva en catégorie spéculative en novembre dernier, S&P avait déjà brisé un tabou. L’agence de notation est allée encore plus loin la semaine dernière en dégradant de deux crans sa note à «BB-». La perte du groupe de nucléaire et surtout le niveau de sa dette, à plus de 8,2 milliards d’euros en données ajustées, se sont révélés bien plus lourds que ce que redoutait S&P.
La note dite «stand alone», c’est-à-dire sans prendre en compte le support implicite de l’Etat, est également abaissée de 2 crans à «B-», ce qui signifie que l’agence attribue un crédit de 3 crans à l’actionnariat public d’Areva. Selon S&P, un renforcement des fonds propres de 2 milliards d’euros permettrait d’envisager un relèvement de la note. Mais le gouvernement a répété ces derniers jours que la priorité ne va pas à une recapitalisation.
L’agence est d’autant plus méfiante que le plan de redressement annoncé la semaine dernière par la nouvelle direction d’Areva s’annonce extrêmement difficile à mettre en œuvre. S&P doute notamment de la capacité du groupe à réduire de 15% la masse salariale, sur un total de 3,5 milliards d’euros en 2014, condition pourtant indispensable pour tenir la réduction de coûts de 1 milliard promise par Areva à l’horizon 2017. A elle seule, la réduction des fonctions supports, qui ont représenté 1 milliard d’euros de charges en 2014, ne suffira pas à atteindre l’objectif d’économies nécessaires au rétablissement de la compétitivité d’Areva.
Le prix des obligations a relativement bien résisté ces derniers jours. Le soutien implicite de l’Etat ainsi que les 2 milliards de liquidités dont dipose Areva représentent de bons coussins de sécurité. Néanmoins, l’environnement risque de rester compliqué pour les obligataires dans les prochains mois. Le groupe porte plus de 5 milliards d’euros d’emprunts obligataires.
Areva envisage de recourir à des financements au niveau de ses structures opérationnelles, à l’image de celui de 650 millions d’euros réalisé l’an dernier pour l’usine George Besse 2. «Une développement de ce type de financement nous paraît préjudiciable pour les porteurs obligataires, dont la position deviendrait subordonnée», s’inquiètent les analystes crédit de CM-CIC.
Plus d'articles du même thème
-
Le conflit au Moyen-Orient pourrait peser sur les perspectives 2026 du CAC 40
A l’issue du premier trimestre, et du premier mois de guerre en Iran, les trois quarts des sociétés de l’indice estiment être peu ou pas exposées à ce conflit. Les autres en pâtissent déjà ou au contraire y voient des opportunités. -
Portée par l'IA, la Chine a enregistré une forte hausse de ses exportations en mai
Les échanges commerciaux du pays ont accéléré le mois dernier malgré la guerre en Iran, grâce notamment aux produits de haute technologie et à l'automobile. -
EXCLUSIFMuzinich & Co lance un fonds de droit français sur la dette privée
Le gestionnaire d'actifs américain crée un véhicule evergreen accessible dans l'assurance-vie française à partir de 1.000 euros et sans période de détention minimale. Son portefeuille devrait comprendre une cinquantaine de prêts seniors garantis.
ETF à la Une
WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
- L'extravagante valorisation de SpaceX suscite le vertige
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
- Airbus se dirige vers un deuxième trimestre réjouissant
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- Des manquements déclaratifs pourraient coûter 1,8 million d’euros à Bourse Direct
Contenu de nos partenaires
-
Affaire Lyhanna : la mère d’une fillette, qui avait dénoncé un viol de Jérôme B., compte porter plainte contre l’Etat et Gérald Darmanin
La mère de Rosa avait dénoncé un viol de Jérôme Barella, principal suspect dans l’affaire Lyhanna, dès 2025. Elle va porter plainte contre l’Etat, les enquêteurs et magistrats qui ont travaillé sur le dossier ainsi que contre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin -
Les meilleures soles meunières de Paris
Envie d’une sole meunière parfaitement exécutée ? Des bistrots de quartier aux grandes institutions parisiennes, ces adresses célèbrent ce classique intemporel avec précision et élégance. Une sélection pour redécouvrir l’un des plats les plus emblématiques de la gastronomie française. -
HorizonPrésidentielle : la promesse intenable du candidat Attal
Le candidat Renaissance veut que la France redevienne la première puissance européenne en dix ans. Promesse volontariste, à ne pas prendre au pied de la lettre