Les minoritaires expriment davantage leur mécontentement en AG
Ils se sont opposés aux droits de vote double et ont été plus sévères sur le «say on pay». Les administrateurs indépendants devraient mieux les représenter.
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Bruno de Roulhac
Le vote négatif des actionnaires minoritaires semble peu pris en compte par les sociétés. Crédit Fotolia.
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Les assemblées générales 2015 ont été moins consensuelles. Sur la rémunération des dirigeants, les actionnaires se sont montrés bien plus exigeants. Le «say on pay» affiche des scores de 54% à 98%, avec une moyenne de 87% au 1er juin sur le SBF 120, contre 91% un an plus tôt selon L’Hebdo des AG. Sur les seules stock-options, la moyenne tombe même de 84% à 77% d’approbation.
Un dirigeant du SBF 120 sur cinq (un sur trois pour le CAC 40) aurait même eu un vote négatif sur sa rémunération si seul le flottant avait voté.
«Ces scores plus faibles ne sont pas liés aux résultats du groupe, explique Bénédicte Hautefort, éditrice de L’Hebdo des AG. Les actionnaires sont souvent mécontents des horizons de temps trop courts liés à l’attribution de stocks ou d’actions de performance. En la matière, le poids des proxys est très important». En outre, si «plusieurs grands investisseurs s’étaient réjouis en 2014 d’avoir enfin un dialogue direct avec les administrateurs à l’occasion du ‘say on pay’, ils déplorent que cela soit retombé dès la deuxième année», constate Bénédicte Hautefort.
Autres signes de ce mécontentement : le nombre de rejets des mesures anti-OPA, trois fois plus élevé que l’an dernier, et l’opposition aux droits de vote double instaurés par la loi Florange. Sur les 48 sociétés du SBF 120 concernées par ce texte, 20 ont décidé d’appliquer automatiquement cette disposition sans faire voter les actionnaires en AG. Les autres sont passées par le vote : 22 ont adopté le droit de vote simple et 6 appliqueront la loi Florange, notamment sous la pression de l’Etat actionnaire.
L’opinion des actionnaires minoritaires semble ainsi peu prise en compte par les sociétés. Pourtant, «les conseils ont tous les atouts en main pour que cela change avec une moitié d’administrateurs indépendants et souvent un vice-président administrateur référent, ajoute Bénédicte Hautefort. Mais les indépendants ne se sont pas encore investis de leur mission de représentation des minoritaires».
Autre point fort de l’année, le partage de la valeur et le ratio d’équité deviennent des thèmes de plus en plus fréquents en AG, avec des présentations des entreprises et de nombreuses questions d’actionnaires. «Signe de cette évolution, les résolutions présentées par les salariés d’Orange et de Total ont respectivement obtenu 8% et 18% de vote positif», constate Bénédicte Hautefort.
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