Les minoritaires de Chrysler se défendent contre Fiat

Un tribunal du Delaware doit se prononcer prochainement sur la valorisation des 3,3% d’un fonds de santé au capital du constructeur américain
Bruno de Roulhac

Une nouvelle étape sera franchie aujourd’hui dans le cadre du conflit qui oppose Fiat à l’un des minoritaires de sa filiale américaine Chrysler. Un tribunal du Delaware va se pencher sur la valorisation de la participation de 3,3% détenue par un fonds de santé de type Veba (Voluntary employees beneficiary association) affilié au syndicat automobile United Auto Workers.

Le 3 juillet dernier, le constructeur italien, qui détient déjà 58,5% de Chrysler, avait annoncé son intention d’exercer l’option lui permettant d’acquérir cette participation. L’option est exerçable depuis juillet 2012 et la formule de calcul afférente à cette option avait été définie en 2009 lors de la prise de contrôle du constructeur américain par Fiat. Le Veba venait alors d’entrer au capital de Chrysler dans le cadre de la restructuration financière du constructeur en faillite.

Selon cet accord, Fiat compte payer 139,7 millions de dollars (110 millions d’euros) pour cette participation de 3,3%. Or, les minoritaires sont en désaccord sur le prix et déposeront aujourd’hui leur défense devant le tribunal du Delaware. Alors que Fiat a engagé la procédure, le Veba pourrait engager d’éventuelles demandes reconventionnelles sur la légitimité du contrat de 2009. Aussi, «nous croyons qu’il est dans l’intérêt des deux parties de trouver un moyen d’avancer et nous croyons inévitable que Fiat consolide finalement l’intégralité de Chrysler», note un analyste de Bernstein. Fiat avait déclaré le mois dernier espérer aboutir à une solution avant la fin de l’année.

Pour sa part, Fiat devrait plutôt être pressé de monter au capital de sa filiale. En effet, en détenant l’ensemble du groupe américain, il pourrait restructurer sa dette et veiller à ce que Chrysler dégage assez de cash pour soutenir les activités déficitaires de Fiat en Europe, estiment des analystes. Le président de Fiat, Sergio Marchionne, a encore récemment répété que son objectif était toujours de parvenir à une fusion en 2014 ou 2015.

Si en 2009 Fiat a sauvé Chrysler, en 2012 Fiat survit grâce sa filiale américaine! Au troisième trimestre 2012, Fiat a affiché un résultat opérationnel de 951 millions d’euros, mais seulement de 105 millions s’il on enlève la contribution de Chrysler.

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