Les medtechs visent les dispositifs intelligents pour assurer leur croissance

Les levées de fonds en capital risque et par IPO ont chuté. Les laboratoires et les pouvoirs publics doivent participer au financement du secteur
Bruno de Roulhac
Illustration: PHB
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Temps plus difficile pour le secteur de la technologie médicale. Entre pression budgétaire sur les soins de santé, intensification réglementaire et des ressources financières contraintes en raison de la crise, le secteur résiste, mais peine à croître, selon le rapport annuel d’EY (ex-Ernst & Young).

Le chiffre d’affaires des medtechs cotées aux Etats-Unis et en Europe s’est élevé à 340 milliards de dollars en 2012, en hausse de seulement 2% par rapport à 2011. Or, sur 2000-2007, les revenus ont crû en moyenne de 13% par an, puis de 7% sur 2008-2012. Si la croissance s’était maintenue au rythme de 13%, le secteur aurait rapporté 131 milliards de dollars de chiffre d’affaires supplémentaires, extrapole EY. Sur le même principe, 12 milliards de dollars de R&D n’ont pas été investis sur 2008-2012.

Aussi, le secteur doit trouver des relais de croissance. «Les marchés émergents offrent des opportunités pour les medtechs, mais ils ne sont pas une panacée», prévient l’étude. Ces entreprises devraient se tourner davantage sur les services, la prévention et les offres permettant de soigner hors de l’hôpital.

«Le secteur doit impérativement aller au-delà des produits et dispositifs actuels pour créer une relation avec le patient, au-delà du payeur et des établissements de soins, explique Virginie Lefebvre-Dutilleul, responsable du secteur sciences de la vie d’EY France. Les dispositifs intelligents, en plein développement, viennent justement répondre aux besoins des malades. Des partenariats, notamment avec les pouvoirs publics, sont nécessaires pour financer ces dispositifs».

Le secteur (Etats-Unis et Europe) est parvenu à lever 29,5 milliards de dollars entre le 1er juillet 2012 et le 30 juin 2013 (+1,3% sur un an), dont près des trois quarts par la dette, essentiellement du refinancement de la dette existante. Toutefois, le capital risque ne représente que 3,5 milliards, en baisse de 21% en un an, au plus bas niveau depuis dix ans, tandis que les fonds levés lors d’une introduction en Bourse chutent de moitié à 202 millions.

En revanche, le montant des augmentations de capital a été multiplié par quatre à 4 milliards. «L’industrie pharmaceutique est appelée à développer des fonds qui vont investir dans les biotechs, mais également dans les medtechs, ajoute Virginie Lefebvre-Dutilleul. Ces partenariats sont essentiels pour des medtechs innovantes en mal de financement».

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