Les marchés boursiers sanctionnent sévèrement les contre-performances
Dans un climat de forte nervosité, entretenu par le blocage du relèvement du plafond de la dette américaine, la sanction boursière se révèle sans appel pour les sociétés ne répondant pas aux attentes des investisseurs. «Les sous-performances des titres des sociétés qui ont publié des résultats décevants sont démultipliées par ces incertitudes macroéconomiques, à l’image de Vallourec, Alcatel ou Capgemini. En temps normal, les pertes seraient deux à trois fois moins fortes», estime Géraud Missionnier, analyste gérant chez Saxo Banque.
Vallourec a ainsi chuté hier de 16,86% à 69,98 euros. Le producteur de tubes en acier sans soudure, dont les résultats ont été publiés mercredi soir, anticipe au second semestre un résultat brut d’exploitation «légèrement supérieur» à celui du premier. Air France-KLM, secoué par les événements géopolitiques, a pour sa part accusé une baisse de 8,20% à 8,61 euros. La sanction a également été sans appel pour Alcatel. L'équipementier télécoms s’est effondré de 15,33% à 2,86 euros, à la lumière de résultats en-dessous des attentes, surtout en termes de rentabilité. «Ils ont beau confirmer leurs objectifs annuels, ça va mettre énormément de poids sur le second semestre, alors qu’on a de plus en plus de raisons de croire à un ralentissement aux Etats-Unis», a commenté un analyste cité par Reuters.
Nombre de sociétés ont également souffert d’un assombrissement des perspectives. Le numéro un mondial du ciment, Lafarge, a souligné que les hausses de coûts auraient «clairement un impact sur les résultats». L’action a clôturé hier en baisse de 5,37% à 37,56 euros. Moins affecté en Bourse (-0,75% à 50,29 euros), Danone a dit s’attendre hier à ce que les coûts augmentent de 6% à 9% cette année. Une tendance qui devrait toutefois être compensée par une hausse de la productivité et un relèvement des prix des produits.
Les avertissements ont également résonné sur d’autres marchés européens. Outre-Rhin,Volkswagen, dont l’action a cédé hier 2,84% à Francfort, a prévenu que le coût important des matières premières et la volatilité des changes et des taux d’intérêt risquaient de peser sur ses marges. En Italie, Finmeccanica a plongé de 17,36% à 5,76 euros. Le groupe romain, spécialisé dans les systèmes électroniques de défense, a été contraint de réviser à la baisse sa prévision de chiffre d’affaires annuel.
Plus d'articles du même thème
-
Les investisseurs misent sur les actions américaines et délaissent les actions européennes mi-avril
Les fonds d’actions américaines ont enregistré une collecte hebdomadaire de 17,4 milliards de dollars, d’après le "Flow Show" de Bank of America. -
«Nous avons ramené les portefeuilles vers une légère surpondération des actifs risqués»
Mathieu Pivovard, responsable de la gestion diversifiée, Allianz Global Investors -
State Street IM collecte 49 milliards de dollars au premier trimestre 2026
La société de gestion américaine a perdu 86 milliards de dollars sur les marchés au cours des trois premiers mois de 2026.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- A la Société Générale, le nombre de banquiers millionnaires a baissé en 2025
- HSBC va revoir sa politique de télétravail en France d’ici l’été
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Lunettes connectées : le pari à haut risque d'EssilorLuxottica
- Macif veut continuer à faire sauter les cloisons de l’assurance
Contenu de nos partenaires
-
Pour 2027, Marine Tondelier propose un « socle » programmatique aux partis de gauche
Défenseuse d'une primaire de la gauche, la secrétaire nationale des Écologistes a proposé ce vendredi 17 avril à différents partis de gauche, hors LFI, un « socle programmatique », à un an de l'élection présidentielle. -
Malgré la réouverture du détroit d'Ormuz, Donald Trump maintient le blocus américain
Alors que le président américain s'est félicité de voir l'Iran rouvrir le détroit d'Ormuz, Donald Trump a toutefois annoncé ce vendredi 17 avril que les États-Unis maintiennent leur blocus sur le point de passage stratégique. -
TrioRachat de SFR : l’espoir d’un retour à trois sur un marché très concurrentiel
Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée, précise le consortium des trois repreneurs de l'opérateur