Les marchés boursiers sanctionnent sévèrement les contre-performances

Vallourec, Lafarge et Alcatel, dont les résultats et les prévisions ont déçu les attentes, pâtissent de la nervosité des investisseurs
Antoine Duroyon

Dans un climat de forte nervosité, entretenu par le blocage du relèvement du plafond de la dette américaine, la sanction boursière se révèle sans appel pour les sociétés ne répondant pas aux attentes des investisseurs. «Les sous-performances des titres des sociétés qui ont publié des résultats décevants sont démultipliées par ces incertitudes macroéconomiques, à l’image de Vallourec, Alcatel ou Capgemini. En temps normal, les pertes seraient deux à trois fois moins fortes», estime Géraud Missionnier, analyste gérant chez Saxo Banque.

Vallourec a ainsi chuté hier de 16,86% à 69,98 euros. Le producteur de tubes en acier sans soudure, dont les résultats ont été publiés mercredi soir, anticipe au second semestre un résultat brut d’exploitation «légèrement supérieur» à celui du premier. Air France-KLM, secoué par les événements géopolitiques, a pour sa part accusé une baisse de 8,20% à 8,61 euros. La sanction a également été sans appel pour Alcatel. L'équipementier télécoms s’est effondré de 15,33% à 2,86 euros, à la lumière de résultats en-dessous des attentes, surtout en termes de rentabilité. «Ils ont beau confirmer leurs objectifs annuels, ça va mettre énormément de poids sur le second semestre, alors qu’on a de plus en plus de raisons de croire à un ralentissement aux Etats-Unis», a commenté un analyste cité par Reuters.

Nombre de sociétés ont également souffert d’un assombrissement des perspectives. Le numéro un mondial du ciment, Lafarge, a souligné que les hausses de coûts auraient «clairement un impact sur les résultats». L’action a clôturé hier en baisse de 5,37% à 37,56 euros. Moins affecté en Bourse (-0,75% à 50,29 euros), Danone a dit s’attendre hier à ce que les coûts augmentent de 6% à 9% cette année. Une tendance qui devrait toutefois être compensée par une hausse de la productivité et un relèvement des prix des produits.

Les avertissements ont également résonné sur d’autres marchés européens. Outre-Rhin,Volkswagen, dont l’action a cédé hier 2,84% à Francfort, a prévenu que le coût important des matières premières et la volatilité des changes et des taux d’intérêt risquaient de peser sur ses marges. En Italie, Finmeccanica a plongé de 17,36% à 5,76 euros. Le groupe romain, spécialisé dans les systèmes électroniques de défense, a été contraint de réviser à la baisse sa prévision de chiffre d’affaires annuel.

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