Les incidents sur le Dreamliner menacent le plan industriel et commercial de Boeing
Repassé devant Airbus en 2012 dans les commandes, pour la première fois en dix ans, Boeing risque de rendre sa couronne dès 2013. Les incidents rencontrés par plusieurs appareils Dreamliner 787 menacent les plans industriels et commerciaux de son programme phare d’aéronautique civile qui avait déjà subi près de trois années de retard. A la demande des agences de sécurité aéronautique, les 50 Dreamliners en service dans le monde doivent rester au sol, le temps de déterminer l’origine des surchauffes et incendies constatés sur les batteries de plusieurs appareils. Une décision historique. Jamais aucun avion n’avait été cloué au sol partout dans le monde depuis le DC 10 en 1979.
Ces inspections pourraient demander quelques jours ou semaines. En revanche, la durée de mise en œuvre d’éventuelles réparations est difficile à prévoir. Selon différents experts, un simple remplacement des batteries mises en cause ne suffirait pas. Afin de consommer moins de kérosène, le Dreamliner génère et utilise cinq fois plus d’électricité que ses concurrents. Une grande partie de son architecture repose donc sur les batteries à la technologie lithium ion, moins lourdes et moins volumineuses que les batteries classiques nickel-cadium. La réparation pourrait donc nécessiter une redéfinition plus complète des équipements de bord.
Avant ces incidents, l’objectif de Boeing visait à doubler la cadence de production des 787, à 10 appareils par mois, d’ici à la fin de cette année. En plus des 50 appareils déjà en service, principalement chez United Airlines, seul client américain, et chez les compagnies japonaises Ana et Japan Airlines, Boeing dispose d’un carnet de commandes de 800 Dreamliners. En plus de Thales (1% de ses ventes avec le 787) qui intervient sur le système de batteries, mais ne les fabrique pas, Zodiac (4%) et Safran (3%) sont présents dans l’appareil.
Même si la direction d’Airbus se dit solidaire de Boeing et tiendra compte des éventuelles remarques des agences de sécurité aéronautique, le groupe européen devrait profiter des déboires de son concurrent. Hier, Fabrice Brégier, le directeur général d’Airbus, a rassuré sur la bonne tenue du programme A350 pour lequel le groupe a refusé d’emprunter la même voie technologique que Boeing. Cette année, Airbus prévoit de livrer plus de 600 avions en 2013, soit un nouveau record après les 588 de 2012.
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