Les incertitudes persistent sur la restructuration financière de Sharp

Le groupe électronique nippon, qui cherche à renforcer ses fonds propres, n’a pas encore défini l’ampleur de ses cessions d’actifs
Yves-Marc Le Reour

Sharp n’a pas encore trouvé le remède à ses difficultés. Ayant annoncé début août une prévision de perte nette de 100 milliards de yens (1 milliard d’euros) pour l’exercice en cours finissant en mars 2013, le groupe nippon, endetté à hauteur de 1.250 milliards de yens, est de plus en plus dépendant de ses créanciers. Il doit refinancer 360 milliards de yens de papier commercial d’ici à la fin de ce mois et devra trouver 200 milliards pour faire face à une obligation convertible arrivant à échéance en septembre 2013.

Ces besoins de financement ne pouvant être couverts par les cash-flows et la trésorerie du groupe, l’appui de ses principales banques (Mizuho et MUFJ) lui sera indispensable. Selon le Nikkei, celles-ci insistent pour qu’il renforce ses liens capitalistiques avec Hon Hai, maison-mère de Foxconn, l’un des principaux sous-traitants d’Apple. Hon Hai avait passé un accord fin mars prévoyant une entrée au capital de Sharp à hauteur de 10% à un prix de 550 yens par action. La société taiwanaise devait également prendre 50% dans son site de Sakai, dans l’ouest du Japon, où il produit des écrans LCD. Mais la forte chute du titre inciterait désormais Hon Hai à revendiquer une participation de 20% à 200 yens par action, à comparer à un cours de clôture de 184 yens vendredi.

Le groupe nippon chercherait aussi des repreneurs pour la fabrication de photocopieurs, de climatiseurs et d’ampoules à diodes électro-luminescentes (LED), croit savoir le Nikkei. Réfutant ces informations, Sharp indique simplement «envisager diverses options» pour améliorer ses performances. Outre la suppression de 5.000 postes déjà annoncée, il pourrait cesser sa production de téléviseurs au Japon, pénalisé par la concurrence des sud-coréens Samsung et LG dans un contexte de baisse de la demande en provenance d’Europe. Dans les panneaux solaires, il est confronté à une base de coûts élevée et à des taux de change défavorables sur un marché mondial en surcapacités.

L’agence de presse Jiji rapporte de son côté que Sharp songe à une augmentation de capital de 50 milliards de yens et qu’il était entré en contact avec des fonds américains, ainsi qu’avec Toshiba et Kyocera. De quoi nourrir la confusion sur les intentions du groupe qui ne devra pas trop tarder à faire ses choix.

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