Les groupes d’Europe du Sud relancent sans tarder le marché des convertibles
Après une très courte pause durant les fêtes de fin d’année, le marché des convertibles reprend le rythme qui lui avait permis de battre l’an dernier un record d’activité depuis 2009 avec 89 opérations au total, pour un montant de 32,4 milliards de dollars selon Dealogic, quasiment trois fois plus que dans les années maigres de 2010 ou 2011. Le groupe espagnol d’énergies renouvelables Acciona a ainsi lancé hier une émission d’obligations convertibles pour un montant visé de 450 millions d’euros, à cinq ans. Il suit de quelques heures l’assureur italien UnipolSai, également vendeur de 201,8 millions d’euros d’obligations convertibles.
Ces deux émissions confirment le retour remarqué des pays d’Europe du Sud sur ce marché. «L’an dernier, à eux seuls, l’Espagne, l’Italie et le Portugal ont représenté plus d’un tiers du marché de l’equity linked», explique Bruno Magnouat, responsable global de l’equity linked à la Société Générale. Dans le même temps, le poids de l’Allemagne est passé de 40% à 10%. La France représentait en 2013 environ 15% du marché européen, avec près de 3,5 milliards d’euros.
A moins d’un revirement fort, 2014 devrait constituer un excellent millésime pour l’equity linked, qui comprend les convertibles, les échangeables et les obligations remboursables en actions. La remontée attendue des taux d’intérêt et les niveaux de valorisation soutenus des marchés permettent de trouver du financement relativement bon marché pour un émetteur. Les investisseurs peuvent également bénéficier du levier constitué par l’action et de la sécurité de l’obligation, notamment sur des émetteurs du Sud de l’Europe pour lesquels la visibilité reste encore faible.
Enfin, un élément technique vient entretenir la frénésie d’émissions. «En 2014, environ 10 milliards d’euros de titres equity linked en circulation devraient être retirés du circuit, ce qui incitera les fonds spécialisés à réinvestir sur de nouvelles émissions», indique Bruno Magnouat. Une abondance de demande qui peut expliquer la surcote des obligations convertibles ces derniers mois, avec des coupons relativement faibles et des primes de conversion élevées.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester