Les groupes aurifères sont incités à plus de transparence sur leurs coûts
Le World Gold Council, organisation de développement commercial de l’industrie aurifère, a publié la semaine dernière une recommandation incitant les producteurs d’or à davantage de transparence dans la présentation comptable de leur structure de coûts. L’Association souhaite voir les sociétés publier non seulement leurs coûts de production courants, qui comprennent notamment les coûts de transport et les dépenses d’exploration préalables à la mise en production, mais également leurs coûts d’exploitation courants «tout inclus» qui prennent en compte la variation des coûts de production sur la durée de vie d’une exploitation minière.
Les coûts non courants, associés au développement de nouveaux projets d’envergure exceptionnelle, devraient être présentés séparément. L’ensemble des coûts d’exploitation devra par ailleurs respecter la méthode de consolidation adoptée pour la comptabilisation du chiffre d’affaires. Contrairement aux normes comptables, ces recommandations «non-GAAP», qui pourraient s’appliquer à partir du 1er janvier prochain, n’ont pas un caractère obligatoire. Les charges financières et fiscales, ainsi que les charges relatives à des fusions, des acquisitions ou des cessions d’actifs sont exclues des recommandations émises par l’organisme professionnel.
Cette demande de transparence accrue intervient dans un contexte de forte baisse (-22%) des cours de ce métal précieux depuis début avril, qui devrait entraîner une restructuration importante du secteur. Les analystes de Citi estiment que les coûts unitaires de l’industrie ont augmenté de 15% d’une année sur l’autre à fin juin, contre une hausse limitée à 1,3% pour les coûts «tout inclus». La progression nettement moindre de ce dernier indicateur «reflète les efforts entrepris par les sociétés pour s’adapter à la faiblesse des cours de l’or en taillant dans les investissements industriels, dans les dépenses d’exploration et les frais généraux», avancent-ils.
Le plongeon des cours de l’or a conduit Newcrest Mining, le plus important producteur d’or australien, à passer la semaine dernière une dépréciation de 5,5 milliards de dollars sur la valeur de ses actifs, un record dans l’industrie aurifère. Selon les analystes de Jefferies International, d’autres géants du secteur pourraient être contraints de suivre cet exemple, comme le leader mondial Barrick Gold ou Newmont Mining.
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