Les Euro PP restent peu adaptés au refinancement de LBO
Moins actif qu’annoncé il y a encore quelques mois, le marché de l’Euro PP tente d’élargir les frontières de son champ d’intervention. Réservées par essence aux entreprises de taille intermédiaire ou aux grandes PME non notées mais bénéficiant d’un profil de crédit assimilé «investment grade», ces dettes non bancaires placées auprès de quelques investisseurs institutionnels peuvent répondre en théorie à des situations de financement plus risquées.
«Pour des LBO proches de la maturité, un placement privé obligataire peut constituer une solution de leverage recap pour les fonds actionnaires», explique Cécile Lévy, gérante au sein de l’équipe dette privée de Tikehau IM. Pour l’émetteur, la solution est bien perçue puisque «l’amortissement in fine du format obligataire redonne de la souplesse et allonge la maturité de la dette», poursuit Cécile Lévi.
Pour autant, les exemples de sociétés détenues par des fonds de private equity ayant procédé à ce type d’émission restent faibles, même si Materne Mont-Blanc, une participation de LBO France, a récemment placé 51 millions d’euros. Mais dans ces cas, l’opération constitue-t-elle un Euro PP au sens propre? «Des émissions de type high yield peuvent faire l’objet de placement privé. Mais la catégorie des investisseurs qui les souscrit est alors différente de celle qui est active sous l’actuel format EuroPP promu par la Place de Paris», répond Guy Sylvestre, co-responsable du département capital markets chez Société Générale CIB. Les promoteurs de ce mode de financement, dont le gouvernement, ne souhaitent pas intégrer trop de risque afin d’éviter qu’un événement de crédit, même limité, ne compromette le développement de ce marché naissant.
Certains investisseurs refusent aussi de s’intéresser aux dossiers détenus par des fonds de private equity pour des questions de clause de changement de contrôle ou en raison des remontées de dividendes pour rembourser la dette résiduelle. «Les investisseurs institutionnels attendront probablement que la société refinance sa dette LBO par un crédit senior classique avant d’envisager un Euro PP de type investment grade», indique Clémence Berroëta, responsable de l’origination obligataire midcaps chez Crédit Agricole CIB.
Enfin, une question prudentielle joue en défaveur de ces refinancements, puisque la dette émise par des sociétés holding ne peut pas être intégrée dans les nouveaux fonds de prêts à l'économie.
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