Les équipementiers chinois Huawei et ZTE suscitent une levée de boucliers aux Etats-Unis

Une commission parlementaire pointe un risque d’espionnage et recommande de bloquer toute acquisition impliquant les deux groupes chinois
Antoine Duroyon

Un coup de semonce qui fait mal. L'équipementier télécoms chinois ZTE a vu son cours de Bourse chuter de presque 6% hier à Hong Kong, après la publication d’un rapport très critique le concernant. C’est la commission du Renseignement de la Chambre des représentants qui en est l’auteur. Au terme d’une enquête de onze mois, qui a également porté sur le groupe non coté Huawei, les parlementaires américains sont arrivés à un constat sans appel : ces deux sociétés font courir un risque pour la sécurité des Etats-Unis.

«Huawei et ZTE cherchent à se développer aux Etats-Unis, mais au terme de notre enquête, nous avons le sentiment qu’en raison de leurs liens avec le gouvernement chinois, ces deux groupes ne peuvent pas être dignes de confiance pour des infrastuctures d’une telle importance», écrivent les rapporteurs.

Pour étayer leur propos, ils citent des soupçons jugés crédibles portant sur des faits de corruption et de violation des brevets. Ces éléments seront d’ailleurs transmis au département de la Justice et à celui de la Sécurité intérieure.

Dans ces conditions, «les équipementiers de réseaux et concepteurs de systèmes américains sont vivement encouragés à trouver d’autres partenaires pour leurs projets», avance la commission. Elle recommande également au Comité pour l’investissement étranger aux Etats-Unis (CFIUS), chargé d’analyser les acquisitions d’entreprises américaines par des compagnies étrangères, de refuser tout projet déposé par Huawei ou ZTE.

Hormis leur activité d'équipementiers, les deux groupes fabriquent également des téléphones mobiles. Ils ont déjà noué des accords de commercialisation avec des opérateurs basés aux Etats-Unis tels que Verizon, Sprint et T-Mobile USA. Pour sa défense, Huawei a estimé que le rapport «recourt à de nombreuses rumeurs et spéculations afin de prouver des accusations inexistantes». La commission a prédéterminé l’issue de ses investigations, a ajouté le groupe chinois.

Les conclusions de ce rapport risquent en tout cas de compliquer l’accès des groupes chinois au marché américain. Par le passé, Huawei a déjà renoncé à certaines opérations, telles que le rachat de 3Com en 2008 ou celui de 3Leaf Systems l’an dernier. A cette époque, Huawei disait encore vouloir continuer «à s’impliquer dans des investissements à long terme aux Etats-Unis».

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