Les entreprises restent généreuses avec leurs actionnaires
L’évolution des dividendes au premier trimestre dans le monde est trompeuse. Selon le baromètre d’Henderson Global Investors, les dividendes ont dans l’ensemble reculé de 0,3% par rapport au premier trimestre 2016, pour atteindre 218,7 milliards de dollars – un montant qui reste historiquement très élevé. Mais les dividendes dits «sous-jacents» (qui excluent notamment les versements exceptionnels, les effets de change et les changements de date de paiement) ont progressé de 5,4% (à 214,7 milliards).
La diminution des dividendes extraordinaires a pesé au cours du trimestre : ils ont perdu 10,6 milliards de dollars en un an, tombant à 3,6 milliards. Il s’agit de l’un des montants les plus faibles jamais enregistrés, qui se compare à la troisième meilleure performance trimestrielle enregistrée un an plus tôt, souligne Henderson. «Nous avions anticipé une diminution des dividendes [exceptionnels] au cours du 1er trimestre, mais la baisse fut plus importante que prévu. Ils ont reculé dans la plupart des pays, à l’exception des pays émergents. Rien qu’aux États-Unis, ils ont enregistré une baisse de 7 milliards de dollars», poursuit le gestionnaire.
Situation contrastée en Europe
Les secteurs bancaire et pétrolier comptent parmi les plus généreux en matière de dividendes sous-jacents, en particulier aux Etats-Unis. «28 des 34 secteurs américains ont vu leurs dividendes augmenter, ce qui montre que la croissance est bien généralisée aux États-Unis», commente Henderson.
En Europe, la situation est contrastée. Sur le continent, où les sociétés versent majoritairement un dividende annuel au deuxième trimestre, la hausse des dividendes sous-jacents a été modeste (+1,4%), tandis que la diminution des dividendes extraordinaires et l’effet change pèsent sur les dividendes totaux (-4,1% à 35,6 milliards). Au Royaume-Uni, le vote en faveur du Brexit et ses conséquences sur la livre faussent la lecture. Les dividendes sous-jacents ont bondi de plus de 7% grâce à BHP Billiton, dont les actionnaires ont bénéficié de la reprise de la hausse des matières premières.
Depuis le début de l’année, la progression des dividendes dans le monde devrait être supérieure à celle des investissements industriels, estime Citi dans un document de recherche. Le courtier prévoit qu’elle atteindra 5% en 2017, contre 3% pour des capex. «Ce basculement structurel se poursuit. Il reflète en partie un manque d’opportunités dans ce cycle économique modéré, mais aussi une évolution vers des business models à faible intensité capitalistique, en particulier aux Etats-Unis», écrit Citi.
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