Les entrées en Bourse se font sur les chapeaux de roue

Preuve de l’appétit pour les actions, la performance moyenne pour le premier jour de cotation est revenue à des niveaux historiquement élevés
Olivier Pinaud
Les entrées en Bourse se font sur les chapeaux de roues. Photo: PHB
Les entrées en Bourse se font sur les chapeaux de roues. Photo: PHB  - 

L’envolée de 37% de Royal Mail pour sa première cotation à Londres continue de faire des vagues outre-Manche. Une commission parlementaire pourrait être constituée afin de vérifier si la société publique n’a pas été bradée. A la décharge des banquiers, cette flambée n’est pas rare. Selon Dealogic, la performance moyenne enregistrée lors du premier jour de cotation n’a jamais été aussi élevée en Europe depuis 2009. Aux Etats-Unis, seule 2000, année excentrique, a fait mieux.

«Tous les facteurs qui font le succès d’une introduction en Bourse sont au vert, ce qui explique la bonne performance des actions le premier jour de cotation», indique Laurent Cassin, responsable ECM Europe centrale & Europe du Nord à la Société Générale. Selon lui, «en période de reprise du marché comme actuellement, les premiers émetteurs à venir en Bourse présentent des ‘equity story’ extrêmement solides», ce qui a assuré jusque-là de bonnes performances post-IPO. «Les investisseurs longs, notamment américains, profitent de l’afflux d’introduction en Bourse pour se réengager fortement sur l’Europe, à des conditions un peu plus favorables que sur le marché secondaire, aussi bien en terme de prix que de taille de leur position», ajoute Antoine de Guillenchmidt, responsable ECM en France et en Scandinavie chez Goldman Sachs. Les investisseurs américains dits «directionnels» rempliraient à eux seuls 40 à 60% des carnets d’ordres des IPO en Europe. Ces démarrages en trombe ne seraient donc pas dus à des prix bradés. «Les décotes sont conformes à la moyenne historique voire parfois relativement serrées. L’introduction en début d’année du groupe d’immobilier allemand LEG s’est faite avec une décote de 3,4% sur l’ANR», rappelle Antoine de Guillenchmidt. Sans compter «qu’en cas de décote trop importante, les investisseurs ont tendance à se méfier du dossier», appuie Laurent Cassin.

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