Les efforts d’adaptation pèsent sur le bénéfice de Wal-Mart
Wal-Mart peut aujourd’hui en témoigner: restaurer sa réputation coûte cher. Connu pour ses bas salaires et l’interdiction de représentants du personnel, le leader mondial de la distribution s’est lancé dans une politique de ressources humaines inédite. Il a en effet décidé d’augmenter les salaires à un minimum de 10 dollars de l’heure d’ici à l’année prochaine, d’améliorer la formation de ses employés et d’accroître les recrutements afin de renforcer la présence dans ses magasins et d’améliorer la qualité de service. Mais il en avait sous-estimé le coût.
A l’occasion de la publication des comptes de son deuxième trimestre fiscal (clos le 31 juillet), Wal-Mart a réduit sa prévision de résultat net annuel: il anticipe désormais un bénéfice par action (BPA) compris entre 4,4 et 4,7 dollars, alors qu’il avait précédemment annoncé un BPA compris entre 4,7 et 5,05 dollars. Le groupe a également réduit son objectif d’ouvertures de supermarchés de proximité de 180-200 à 160-170.
Ces mesures entameront de 24 cents le bénéfice net de l’exercice annuel (dont 8 cents au troisième trimestre), alors que le groupe estimait à l’origine l’impact à 20 cents. En outre, elles ont déjà pesé sur le bénéfice du deuxième trimestre, qui a également souffert de la contraction des marges dans ses activités de pharmacie, en raison de la baisse des remboursements: le résultat net du groupe a chuté de 15%, à 3,48 milliards de dollars (soit 1,08 dollar par action). La hausse du dollar par rapport à la livre sterling ainsi que la guerre des prix au Royaume-Uni a également joué en défaveur du groupe: sa filiale britannique Asda a vu ses ventes reculer de 4,7%, alors qu’elles avaient déjà accusé une baisse de 3,9% au premier trimestre.
«Les changements que nous devons faire demandent de l’investissement et nous sommes satisfaits du chemin parcouru. Même si les choses n’avancent pas aussi vite que nous le souhaiterions, le service à nos clients s’améliore constamment et cela se reflète dans la croissance de nos revenus», indique le directeur général de Wal-Mart, Doug McMillon. En effet, le chiffre d’affaires des magasins ouverts depuis plus d’un an, hors effet de change et dépenses de carburant, a progressé de 1,5% lors du trimestre, alors que les analystes interrogés par la société d’études Consensus Matrix anticipaient en moyenne une croissance de 1%.
Le chiffre d’affaires total du groupe reste inchangé, à 120,2 milliards de dollars.
Plus d'articles du même thème
-
«L’euro-dollar se reprendra avec le comblement du différentiel de taux réels entre les deux zones»
Xavier Chapon, directeur de gestion cotée et dette privée d’Arkéa Asset Management. -
« Les répercussions devraient être plus modérées que celles de la guerre en Ukraine en 2022 »
Michele Morganti, Senior Equity Strategist chez Generali Investments -
«Le positionnement neutre nous permet de naviguer dans l’incertitude actuelle tout en restant exposés à la volatilité»
Findlay Franklin, gérant crédit multi-actifs chez RBC BlueBay
ETF à la Une
Amundi lance son ETP Bitcoin sur Euronext Paris
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
Contenu de nos partenaires
-
Tache d'huileTransit de pétrole : la Russie ressort l'arme énergétique contre l'Allemagne
Moscou suspend pour des raisons « techniques » à partir du 1er mai les livraisons par oléoduc du pétrole kazakh destinées à une raffinerie située à 100 km de Berlin. -
To talk or not to talkMaurice Lévy : « Trop de choses me séparent du RN et je ne vois pas pourquoi je devrais voir ses dirigeants »
Alors que les rencontres entre chefs d'entreprise et RN s'accélèrent, Maurice Lévy, président d'honneur de Publicis, estime qu'il revient aux organisations patronales de recevoir les dirigeants RN. -
RicochetL'Asie du Sud-Est se tourne de plus en plus vers la Russie pour ses besoins énergétiques
Confrontés à des pénuries et une inflation galopante, les pays de la région multiplient les accords avec Moscou pour garantir leurs approvisionnements en pétrole et en gaz