Les doutes s’accroissent sur l’opérateur mobile brésilien Oi après le départ de son patron
C’est un triste anniversaire pour Oi. Un an après l’annonce de sa fusion avec Portugal Telecom, le quatrième opérateur mobile brésilien a annoncé hier matin la démission avec effet immédiat de son directeur général Zeinal Bava. Celui-ci, auparavant directeur général de l’opérateur télécoms portugais, avait rejoint Oi en juin 2013 pour faciliter ce rapprochement transatlantique. Zeinal Bava sera remplacé par le directeur financier Bayard Gontijo jusqu’à la nomination d’un successeur.
Dans le cadre de cette fusion censée être menée à bien à la fin de cette année, Portugal Telecom a transféré ses actifs domestiques à Oi en contrepartie d’une participation minoritaire dans le nouveau groupe. «Zeinal Bava avait fortement soutenu cette fusion», commente Ari Lopes, analyste au sein du cabinet de conseil Ovum, en relevant que l’opérateur brésilien a connu trois directeurs généraux en quatre ans. Si le prochain dirigeant ne vient pas de Portugal Telecom, «cela pourrait ouvrir la porte à un abandon de ce rapprochement», estime cet analyste.
Quelques heures auparavant, Oi avait indiqué être à la recherche de solutions pour accroître sa flexibilité financière et réduire son endettement net, équivalent à 15,3 milliards d’euros au 30 juin dernier. Il envisage des cessions d’actifs non stratégiques, notamment la vente de sa participation de 75% dans Africatel, holding basée à Amsterdam qui contrôle plusieurs opérateurs africains. Il dit n’avoir reçu aucune offre concernant la cession éventuelle de ses actifs au Portugal, valorisés environ 7 milliards d’euros par Oddo Securities. Selon plusieurs sources concordantes, Portugal Telecom serait convoité par le câblo-opérateur Altice qui souhaite renforcer son implantation en Europe, après avoir racheté le français SFR via Numericable.
Le groupe fondé par Patrick Drahi «est déjà présent au Portugal à travers Cabovisao et Ono», relèvent les analystes de CM-CIC Securities, en notant que ces deux entités détiennent «un peu plus de 6% du marché portugais, contre environ 50% pour Portugal Telecom». Altice espère trouver un accord avec Oi dans les semaines à venir, rapporte Bloomberg.
L’un des problèmes à régler concerne la créance de 897 millions d’euros détenue par l’opérateur portugais sur Rioforte Investments, filiale du groupe en difficulté Espirito Santo, qui n’a pu lui être remboursée en juillet dernier.
Plus d'articles du même thème
-
Métagram démarre son expansion internationale
Le groupement de CGP créé par Vincent Couroyer et soutenu par le fonds Meanings Capital Partners boucle le rachat de Progentis, une structure belge avec des encours supérieurs à 450 millions d'euros. -
Pierre-Alexandre Rocoffort de Vinnière (Excellcium) « La qualité des données est primordiale pour la lutte contre la déshérence »
Pour le président du groupe Excellcium, spécialisé dans la recherche des ayants droit, la lutte contre la déshérence passe d’abord par une meilleure qualité des données clients et par des recherches plus systématiques avant le transfert des avoirs à la Caisse des dépôts et consignations. -
Orange esquisse un consortium européen pour s’imposer dans le satellitaire face à Starlink
Christel Heydemann a apporté, mardi, des précisions sur l’alliance que prépare Orange avec Deutsche Telekom, Telefonica et Vodafone pour candidater ensemble à l’attribution de fréquences destinées aux services mobiles par satellite. Objectifs: s'assurer des revenus complémentaires, et contrer Starlink.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
#DigitalCitizenDonnées personnelles : ces failles béantes qui pénalisent les Français
Les citoyens n’ont pas à porter seuls la charge de leurs données massivement volées et désormais revendues -
DeuilLe Japon perd l'un de ses derniers canaux de communication avec la Chine
Le décès de l'ancien Premier ministre Yasuo Fukuda, qui bénéficiait d'une grande crédibilité à Pékin, met la dirigeante Sanae Takaichi dans l'embarras -
« Onze milliards d’euros de charges supplémentaires » : les patrons haussent le ton contre le PLFSS
Le Medef, Les Entrepreneurs, la FNSEA et d’autres organisations patronales demandent à l’exécutif « le réexamen des mesures augmentant le coût du travail »