Les difficultés dans l’éolien font dérailler les prévisions de Siemens
Siemens paye la mauvaise estimation du coût de développement de ses projets dans l’éolien marin. Si son chiffre d’affaires à fin mars, deuxième trimestre de son exercice 2011-2012, a progressé de 9% à 19,3 milliards d’euros, le bénéfice net des activités poursuivies a baissé des deux tiers à 1,05 milliard. Il a en effet enregistré une provision de 278 millions d’euros liée au contrat conclu avec TenneT en mer du Nord, suite aux retards accumulés pour connecter les champs d’éoliennes offshore au réseau de transmission électrique. Cette charge fait suite aux 203 millions déjà comptabilisés entre octobre et décembre 2011. Le directeur de la division a été limogé en début de semaine.
La dégradation du bénéfice trimestriel a été accentuée par une charge de 36 millions dans les activités de santé du groupe et par la contribution négative (perte de 640 millions) de la coentreprise Nokia-Siemens dans les infrastructures de téléphonie mobile. Celle-ci continue de céder du terrain face au leader mondial Ericsson et aux groupes chinois.
Ces éléments conduisent le conglomérat allemand à prévoir pour l’ensemble de l’exercice «un bénéfice net des opérations poursuivies compris entre 5,2 et 5,4 milliards d’euros». Déjà anticipé par le consensus des analystes, ce niveau correspond cependant à une révision en baisse de 10% à 13% par rapport au précédent objectif de 6 milliards que s’était fixé le groupe.
On notera également sur la période des entrées en commandes de 17,9 milliards d’euros, en repli organique de 16% et largement inférieures au consensus qui tablait sur plus de 20 milliards. «Le cash flow libre repasse en territoire positif à 446 millions, soit un niveau plus satisfaisant qu’au premier trimestre de l’exercice (-1,3 milliard) mais néanmoins encore relativement faible», jugent les analystes de Natixis.
Concurrent direct de Siemens sur le marché des équipements électriques, le suisse ABB publiait également ses résultats hier. Il est parvenu à faire croître de 4% son bénéfice d’exploitation trimestriel à 1,05 milliard de dollars, l’efficacité de son programme de réduction de coûts expliquant en grande partie cette meilleure résistance. Les analystes de Vontobel soulignaient dans une note récente que le groupe suisse avait été «plus sélectif dans ses acquisitions afin de ne pas peser sur les marges de son carnet de commandes».
Plus d'articles du même thème
-
Kevin Warsh propose une Fed «moins communicante»
Les acteurs du secteur financier peuvent y voir une évolution potentiellement positive si cela permet de réagir plus vite et mieux aux données. On peut cependant encore douter que le banquier central nommé par le président Donald Trump soit celui qui cherche ainsi à dépolitiser la Fed. -
Le M&A s'alimente de nouveau au gros gibier
En dépit de moindres volumes, la valeur des opérations de fusions & acquisitions a rebondi durant ce premier semestre 2026, un début d'année marqué par des transactions de grande envergure. L'intérêt des investisseurs se concentre notamment sur les secteurs des télécommunications, de l'énergie, des infrastructures et de l'intelligence artificielle, relèvent les banques d'investissement. -
CRH change de braquet aux Etats-Unis
L’acquisition d’Arcosa en numéraire pour 8,5 milliards de dollars, dette incluse, renforcera la position du groupe irlandais de matériaux de construction dans les infrastructures et l’énergie.
ETF à la Une
AllianzGI va lancer cinq ETF actifs en Europe dès l'été
- «Les anticipations de résultats sur le S&P 500 laissent entrevoir un potentiel de surprises positives»
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
- L’environnement de marché est moins favorable à l’or
- Maisons du Monde s’apprête à passer sous le contrôle de deux fonds britanniques
- Nickel lance un compte pour les pros
Contenu de nos partenaires
-
AdaptationClimatisation : la grande bascule des politiques
Face aux canicules à répétition, le débat sur le dérèglement climatique n’existe plus. Il se déplace sur l’adaptation. En se cristallisant sur la seule question de la clim, devenue très politique -
Commerce internationalLe commerce maritime international en mode agile
De la mer Rouge au détroit d'Ormuz, les crises géopolitiques rebattent les cartes du transport maritime. Armateurs, assureurs et transitaires s'organisent désormais pour naviguer dans un monde où l'incertitude est devenue la norme. A l'occasion du Rendez-vous ParisMAT qui se tient aujourd'hui et demain à Paris, petit tour d'horizon de ce nouveau quotidien -
EXCLUSIFDominique de Villepin : « Il faudra revenir à une taxe carbone »
Retour de l’ISF, taxe carbone, fonds souverain de 100 milliards… L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac dévoile en exclusivité les grandes lignes de son programme économique pour l’élection présidentielle de 2027