Les dépréciations colossales de Rio Tinto poussent son patron vers la sortie

Le groupe minier a fait part d’une nouvelle charge de 14 milliards de dollars. De quoi renforcer les craintes sur l’ensemble du secteur
Benoît Menou

Trop, c’est trop. Tom Albanese a payé hier par son départ du géant minier Rio Tinto le prix de sa politique agressive d’acquisitions depuis son accession en 2007 au poste de directeur général. En cause, les nouvelles dépréciations d’actifs que le groupe a annoncé devoir enregistrer au titre de 2012 (et dont les détails seront divulgués lors de la publication des résultats annuels le 14 février).

Après avoir subi une dépréciation de 8,9 milliards de dollars en 2011 sur l’activité d’aluminium (emmenée par Alcan acquis en 2007 pour 38 milliards), Rio Tinto estime à 14 milliards environ la charge 2012. Dont 10 à 11 milliards pour l’aluminium (principalement Alcan mais aussi Pacific Aluminium), 3 milliards pour le charbon au Mozambique (pour des actifs acquis en 2011) et 500 millions d’autres dépréciations diverses.

Le groupe minier, qui a engagé un plan de réduction des coûts, avait il est vrai prévenu en novembre que la dégradation du marché de l’aluminium, passant par une forte volatilité des prix et des coûts de matières premières et énergétiques en hausse, rendait probable une nouvelle perte de valeur des actifs. Celle confirmée hier, supérieure aux attentes, n’en renforce pas moins les craintes d’opérations vérité comparables au sein du secteur, selon les analystes de RBS. Ces derniers jugent plus décevante encore la dépréciation, «inacceptable» selon le président de Rio Tinto Jan du Plessis, concédée au Mozambique, où le groupe s’est révélé incapable d’obtenir l’approbation du transport de charbon par barge sur le fleuve Zambèze.

Doug Ritchie, responsable de l’acquisition de Rio Tinto Coal Mozambique, quitte d’ailleurs comme Tom Albanese le groupe par «consentement mutuel» avec le conseil d’administration. Tandis que le patron de l’activité minerai de fer, Sam Walsh, prend la relève à la direction générale. Un choix bien accueilli par les observateurs, la prépondérance de ce pôle au sein des résultats du groupe devant permettre une transition efficace.

Rio Tinto, qui avait déjà perdu son directeur financier l’été dernier, n’est certes pas le seul acteur minier à connaître des remous à sa tête. Alors que BHP Billiton envisage d’ici un an ou deux selon Reuters le remplacement de son directeur général Marius Kloppers, Anglo American a nommé ce mois-ci le patron d’AngloGold Ashanti, Mark Cutifani, pour reprendre le flambeau après la démission de Cynthia Carroll en octobre dernier.

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