Les dépréciations annoncées par E.On pourraient en appeler d’autres dans le secteur

L'électricien allemand est contraint de déprécier la valeur des actifs acquis en haut de cycle, notamment en Espagne et en Italie
Bruno de Roulhac

Difficile exercice 2011 pour E.On. L’énergéticien allemand prévient le marché qu’il passera une dépréciation de 3 milliards d’euros : 2,1 milliards en Italie et en Espagne en raison d’une vision plus pessimiste sur les prix de l’énergie à moyen terme et des interventions des régulateurs; 400 millions en Hongrie et en Slovaquie, imputables à des volumes et marges inférieurs aux prévisions, et 500 millions au Benelux, dus à des fermetures de capacité plus tôt que prévu.

Cette nouvelle charge - le groupe avait déjà passé 2,6 milliards d’euros de dépréciations en Italie et en Espagne l’an dernier - «démontre combien le groupe a détruit de la valeur depuis ses coûteuses opérations de croissance externe à l’époque présentées comme moteur de croissance», rappelle Natixis. Cela «met la pression sur les groupes qui ont fait des acquisitions lors du dernier sommet du cycle, particulièrement en Espagne et en Italie, tels Enel, et aussi RWE en raison de l’acquisition d’Essent au Benelux», prévient Raymond James.

De plus, E.On annonce qu’il va fermer près de 6 GW de capacité de production dans les trois prochaines années à cause d’exigences règlementaires ou de la fin de vie des centrales, et réfléchit à des fermetures supplémentaires. Ces annonces montrent que « la situation de surcapacités est toujours importante en Europe et a même tendance à empirer», note Oddo.

Le groupe revoit dans la foulée sa rentabilité à la baisse. E.On table désormais sur un Ebitda entre 9,1 et 9,3 milliards d’euros, dans le bas de sa fourchette initiale de 9,1 à 9,8 milliards, pour un consensus Bloomberg à 9,26 milliards. Le résultat net est attendu entre 2,3 et 2,5 milliards, pour une prévision originelle de 2,1 à 2,6 milliards, et un consensus actuel à 2,29 milliards. Un resserrement «en ligne avec nos attentes», ajoute Oddo.

Néanmoins, E.On a voulu rassurer le marché en confirmant son objectif de dividende de 1 euro au titre de l’exercice 2011, «un plancher» pour Natixis, soit un rendement de 6% au cours d’hier de 16,79 euros (-1,24%).

Pour 2013, E.On vise toujours un Ebitda de 11,6 à 12,3 milliards, pour un consensus en bas de fourchette, et un bénéfice net de 3,2 à 3,7 milliards, pour un consensus à 3,6 milliards. Le groupe promet un dividende d’au moins 1,1 euro pour cet exercice. Par ailleurs, E.On a annoncé son intention de se transformer en société européenne (SE).

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