Les déboires judiciaires de SAP ternissent le fort rebond de son activité
Le rebond important des investissements technologiques des entreprises a permis à SAP d’afficher au quatrième trimestre 2010 un chiffre d’affaires record légèrement supérieur à 4 milliards d’euros (+27% en rythme annuel) avec des ventes de licences encore plus dynamiques (+35%). Franck Cohen, récemment nommé président de SAP EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), a précisé à L’Agefi que «les revenus provenant des ventes de licences dans cette zone ont progressé de 21% au dernier trimestre à taux de changes constants, malgré une croissance plus modérée en Europe de l’Ouest, avec par exemple une progression de 9% en France sur la période». Etant donné l’importance de la clientèle publique de SAP en Europe, le groupe «sera cette année particulièrement attentif à l’évolution de la situation budgétaire des pays de la région, qui pourrait avoir un impact sur ses résultats», relève-t-il.
La forte croissance de l’activité ne se retrouve pas dans le bénéfice d’exploitation trimestriel en repli de 47% à 543 millions en normes IFRS, malgré des charges de restructurations très faibles. Le groupe allemand a en effet dû provisionner 933 millions d’euros supplémentaires suite à une décision de justice américaine l’ayant condamné fin novembre à verser 1,3 milliard de dollars de dommages et intérêts à Oracle pour vol de propriété intellectuelle. Si SAP compte déposer un recours contre ce jugement, il n’a donné aucune précision sur le calendrier des futures procédures.
En repli de 6% à 2,6 milliards d’euros, «la génération de cash flow sur 2010 est un peu décevante du fait d’un rebond du BFR et des investissements industriels supérieur à nos attentes», jugent les analystes d’Oddo Securities. Le rachat de l’américain Sybase au printemps dernier a par ailleurs abouti à un endettement net inhabituel de 850 millions d’euros en fin d’année. SAP entend revenir à une situation de trésorerie nette d’ici fin 2011, estimant qu’il aura remboursé en 2012 une grande partie de sa dette financière (4,4 milliards en montant brut à fin décembre).
Sur une base non IFRS, il table pour 2011 sur une hausse à changes constants de 10 à 14% des revenus liés à la vente de licences et de services associés, et sur une marge d’exploitation comprise entre 32,4 et 32,9% contre 31,9% l’an dernier. Il propose enfin d’augmenter de 20% à 0,60 euro par action le dividende payé au titre de 2010.
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