Les créanciers de Belvédère votent mercredi le plan d’apurement du passif
Semaine cruciale pour les créanciers de Belvédère, en redressement judiciaire depuis mars dernier. Etablissements bancaires, porteurs obligataires et fournisseurs sont appelés à se prononcer en début de semaine sur le plan d’apurement du passif proposé le mois dernier par le groupe de spiritueux. Un projet d’accord a été négocié cet été entre Krzysztof Trylinski, PDG de Belvédère, Frédéric Abitbol, administrateur judiciaire, et le comité des créanciers FRN (Floating Rate Notes) représentant les deux tiers d’entre eux.
Les créanciers FRN ont obtenu le remboursement de leur créance de 478 millions d’euros (dont 37 millions d’euros de dividende), soit en la convertissant à 100% en actions nouvelles leur donnant alors 87% du capital de Belvédère, soit par la cession d’actifs.
En revanche, les porteurs d’obligations subordonnées (obligations A ou anciennes Obsar), dont la créance est de 96 millions d’euros, n’ont pas droit au même traitement. Porteurs d’obligations de dernier rang, Belvédère leur offre seulement un remboursement en avril 2014 en bons de souscription d’achats (BSA) donnant droit à 10% du capital avant exercice des différents BSA émis dans le cadre de la restructuration. Aussi, Alexandre Lochner, représentant les porteurs d’obligations A, considère que ce traitement est «manifestement défavorable par rapport à celui proposé aux détenteurs de FRN» et que «leurs intérêts ne sont en aucun cas suffisamment protégés». Ces porteurs se réunissent en assemblée générale ce matin.
L’ensemble des porteurs obligataires devra voter à la majorité des deux tiers le plan d’apurement mercredi. Au regard du poids de la créance FRN, le plan devrait être adopté. Toutefois, les porteurs FRN devront d’abord approuver aujourd’hui à 90% ce programme.
Les deux autres catégories de créanciers, deux banques à hauteur de 10 millions d’euros, et les fournisseurs –presque exclusivement Bruce Willis– pour un peu plus de 20 millions d’euros, devront aussi donner l’une et l’autre leur accord à plus de 66%. Le plan leur propose le remboursement immédiat d’un tiers de la créance pour solde de tout compte, ou le remboursement intégral sur sept ans.
Si le vote de mercredi confirme cet apurement du passif, l’administrateur judiciaire demandera une prolongation de la période d’observation. Une fois cet accord obtenu, Belvédère soumettra sa proposition d’augmentation de capital au Collège de l’AMF.
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