Les constructeurs automobiles sous pression en Chine
La Chine n’est plus un eldorado à conquérir pour les constructeurs automobiles. Lors de la présentation de leurs résultats semestriels hier, BMW et Toyota se sont joints à leurs concurrents pour regretter la faiblesse du marché chinois qui pèse sur leurs prévisions.
Pour sa première présentation de résultats depuis sa nomination en mai, Haral Krueger, le dirigeant de BMW, s’est retrouvé en position défensive. Malgré des ventes en hausse de 7,5% sur un an et un chiffre d’affaires qui a grimpé de 20% pour s’établir à 23,9 milliards d’euros, «BMW n’a pas répondu aux attentes du marché sur la plupart des indicateurs clés» indique Michael Raab, analyste chez Kepler Cheuvreux. La marge du constructeur sur le segment automobile s’est réduite à 8,4%, son plus bas niveau depuis 2009, quand elle atteignait encore 11,7% l’année dernière. Son résultat avant impôts et intérêts est quant à lui en baisse de 3% à 2,53 milliards d’euros.
Si le constructeur allemand conserve pour le moment ses prévisions sur l’année, «une détérioration des conditions en Chine pourrait avoir un effet» sur celles-ci, a-t-il prévenu durant la présentation de ses résultats. BMW a déjà réduit sa production en Chine de 17.000 unités, a expliqué Friedrich Eichiner, le directeur financier du groupe. D’après lui, la chute des marchés boursiers chinois a découragé des acheteurs, et accentué la pression sur les prix. Les ventes de voitures compactes ont pris plus d’importance, ce qui explique en partie le resserrement de la marge. «BMW a été le groupe le plus touché par le ralentissement chinois» explique Michael Raab, mais l’ensemble du secteur est touché.
Même Toyota, qui a annoncé des profits en hausse de 10% à 646 milliards de yens (4,75 milliards d’euros), a mis en garde face aux défis posés par le marché chinois. Avec des ventes en baisse au niveau mondial, Toyota doit en effet ses bons résultats financiers à la faiblesse du yen et à sa présence en Amérique du Nord, où ses ventes ont augmenté de 2,7%. Alors que le constructeur japonais a augmenté ses ventes de 11,9% depuis le début de l’année sur le marché chinois, Tetsuya Otake, un dirigeant de l’entreprise, a expliqué que «l’environnement en Chine devient plus difficile».
Un constat partagé par BMW, qui y a connu une baisse des ventes de 4% en mai, la première en dix ans sur ce marché qui représentait 22% de ses ventes l’année passée.
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