Les conseils n’ont pas encore saisi toute l’importance de la succession des dirigeants
Sujet tabou, la succession des dirigeants est encore peu et mal traitée par les conseils d’administration. Lors d’une matinale de l’Institut français des administrateurs (IFA), le cabinet de conseil Oliver Wyman a dévoilé les recommandations issues de son enquête réalisée cette année avec l’IFA auprès des administrateurs du SBF 120.
Le plus évident semble le plus oublié. Ainsi, la question de la succession doit être inscrite systématiquement dans l’agenda des priorités du conseil. Il lui revient de responsabiliser le dirigeant sur sa propre succession en lui fixant des objectifs tout au long du processus de changement. Pendant cette transition, le cabinet Oliver Wyman recommande de nommer un administrateur référent pour veiller au bon déroulement du processus et garantir la transmission effective des pouvoirs. Pour faciliter ce passage, la dissociation des pouvoirs entre président et directeur général est encouragée. Toutefois, cette période doit être clairement définie dans le temps. «L’expérience montre qu’une succession réussie doit être anticipée (processus d’un minimum de deux ans), explicite, et impliquée toutes les parties prenantes», précise Stéphane Birchler, associé d’Oliver Wyman.
Il est également recommandé de privilégier une succession interne, par le développement organisé des talents au sein de la société. Mais une rupture stratégique, de culture ou de style de management peut justifier le choix de l’externe.
Enfin, la composante émotionnelle de la succession ne doit pas être négligée. «Le dirigeant doit accepter qu’il n’est pas immortel», explique Daniel Lebègue, président de l’IFA.
Ces recommandations viennent répondre au constat alarmant de l’enquête de 2011. En effet, les deux tiers des administrateurs avouaient ne pas connaître le processus «normal» de succession de leur patron, et les trois quarts ignoraient les modalités en cas de crise. Pour la moitié des membres du conseil, cette question était purement circonstancielle, seulement 40% jugeant opportun de suivre des viviers de leaders. Encore plus inquiétant, pour neuf administrateurs sur dix, la gestion de la succession ne relève que du comité de nomination…
Et pourtant, sur les cinq dernières années, près de 60% des dirigeants du SBF 120 ont changé. Sur les patrons en place, 29 approchent de la limite d’âge et la succession se pose pour 12 autres.
Plus d'articles du même thème
-
La France espère fédérer le G7 sur la résolution des déséquilibres mondiaux
Face à une Chine puissante par ses exportations mais entraînant d’importants déséquilibres macroéconomiques, Roland Lescure souhaite faire adopter aux ministres des finances du G7 une méthode de résolution et une coopération renouvelée. -
Olivier Blanchard relance son projet de dette commune européenne
L'ex-directeur général du FMI et Angel Ubide, cadre de Citadel, viennent de préciser leur proposition pour créer des eurobond et doter la zone euro d'un actif refuge. Une solution taillée pour désamorcer les oppositions politiques, alors que l'Europe veut gagner en souveraineté financière. -
Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
La responsable des fusions-acquisitions de la banque d’investissement du Crédit Agricole a débuté dans le monde du M&A au milieu des années 90. Elle ne l’a plus quitté depuis et explique comment elle a réussi à atteindre son poste actuel tout en distillant des conseils aux femmes souhaiteraient faire carrière dans ce métier encore très masculin.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Liste d'attenteRoyaume-Uni : l'après Keir Starmer, une transition ordonnée… mais longue
Le déclenchement d’une procédure pour remplacer le Premier ministre britannique est désormais lié au résultat de l’élection partielle de Makerfield, près de Manchester. -
CampagnesAnnie Genevard : « On ne peut pas rester à un tel niveau de conflictualité sur l'agriculture. Ce n'est pas sain »
La ministre de l'Agriculture défendra le texte de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale à partir du mardi 19 mai, avec la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut -
Think againPeut-on espérer de Donald Trump une « détente » ?
Ce scénario de « la stabilité stratégique constructive » avancé par Xi Jinping aurait de quoi séduire n’importe quel président normal, comme dirait l’autre. Mais l'Américain n’est pas normal.