Les conseils des sociétés s’emparent davantage des sujets éthiques et RSE
Ce matin, à l’Institut français des administrateurs, EY en partenariat avec Labrador Conseil présente son baromètre 2014 de la gouvernance des sociétés cotées. Si l’exemplarité prônée par l’AMF porte ses fruits en matière d’organisation et de transparence de la gouvernance, il demeure des marges de progrès.
En matière de gestion des risques, «nous attendons davantage d’informations sur le rôle actif du conseil et sur les actions concrètes mises en place», explique Thierry Moreau, directeur associé EY. Plus généralement, «les conseils ne sont pas assez dotés d’outils (communication, formation, évaluation du conseil, dispositifs éthiques…) et nous espérons davantage de reporting sur ces process», ajoute Bruno Perrin, associé EY.
Désormais, 60% des groupes du CAC 40 ont un comité de gouvernance et un comité stratégique, et 44% (contre un tiers l’an dernier) ont un comité éthique ou RSE. «Le conseil s’empare maintenant des questions de RSE, autrefois réservées au seul management», explique Véronique Bruneau Bayard, directrice Labrador Conseil. Le dernier baromètre Capitalcom sur la RSE avait déjà noté la place de plus en plus stratégique de la RSE dans la gouvernance, traitée à la fois sous l’angle des risques, de la rémunération, et de la performance.
De plus, «les questions d’éthique, notamment liées à la fraude, à la corruption et aux conflits d’intérêts, sont de plus en plus traitées par les conseils, précise Thierry Moreau. Cela constitue un atout différenciant en termes de bonnes pratiques».
Pour leur part, les comités de nomination et rémunération sont encore peu impliqués dans la préparation du say on pay, constate l’étude. «Nous attendons que les comités se penchent sur les résultats des votes de l’an dernier et s’interrogent sur les éventuelles oppositions d’investisseurs», poursuit Véronique Bruneau Bayard.
Si le jeton de présence progresse un peu, il reste très inférieur aux autres groupes européens, avec 56.000 euros en moyenne dans le CAC 40 (contre le double en Allemagne et en Italie et près du triple au Royaume-Uni), 31.000 euros dans le SBF120 et 15.000 euros pour les midcaps. «On ne va pas vers un rattrapage, même si quelques compensations sont offertes aux administrateurs étrangers, relève Bruno Perrin, associé EY. Or, la sous-représentativité des administrateurs étrangers par rapport au centre de gravité de la croissance des entreprises dans les émergents demeure une faiblesse».
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