Les compagnies énergétiques espagnoles cèdent leurs actifs
Un total de 22 milliards d’euros d’actifs, c’est ce que le secteur énergétique espagnol aurait déjà cédé selon l’estimation de Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School. L’annonce récente de la vente par Iberdrola de son parc de 32 éoliennes en France à un groupe d’investisseurs pour 350 millions d’euros est donc à replacer dans le cadre d’un mouvement généralisé du secteur.
D’après le quotidien El País, le géant énergétique espagnol avait annoncé en octobre dernier à Londres son intention de réduire sa dette de 6 milliards d’euros en réduisant ses effectifs et 37% de ses investissements. A ceci s’ajoute un plan de vente d’actifs étalés sur trois ans destiné à engranger 2 milliards d’euros entre 2012 et 2014. L’objectif étant «de maintenir la solidité financière du groupe», précise un communiqué.
Cette année, le groupe a cédé des actifs «non-stratégiques» pour une valeur de 850 millions d’euros. Iberdrola s’est ainsi désengagé de l’éolien en Allemagne et a vendu 20% de sa participation dans le gazoduc Medgaz, qui relie l’Algérie à l’Espagne au gazier belge Fluxys qui, dans la foulée, reprenait les 12% que la compagnie électrique Endesa détenait dans Medgaz pour une valeur de 87,5 millions d’euros. Car selon Manuel Romera, l’heure n’est plus aux investissements pour les compagnies énergétiques espagnoles, sinon à la réduction de la dette et au maintien des bénéfices.
Mais toutes ne l’entendent pas de la même facon comme chez le géant pétrolier Repsol qui affiche son ambition de «réduire sa dette afin d’augmenter sa capacité d’investissement», souligne Kristian Rix, le porte-parole de la compagnie. Dans son dernier plan stratégique, la compagnie espagnole avait prévu de se défaire de 4,5 milliards d’euros d’actifs entre 2012 et 2016, objectif presqu’atteint, selon Kristian Rix, qui souligne que Repsol s’est déjà séparé de 1,9 milliards d’euros d’actifs.
Dernières cessions en date: au Chili où la compagnie cédait Repsol Butane Chili à un consortium d’investisseurs chiliens pour 439 millions d’euros. Puis, en Equateur, où le géant vendait sa filiale Amodaimi Oil Company à une filiale de la compagnie chinoise Sinopec. Mais en mai dernier, Repsol annoncait un ambitieux plan d’investissements de plus de 19 milliards d’euros dans ses activités d’exploration et de production, «les moteurs de croissance de la compagnie».
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