Les compagnies aériennes se rapprochent de la zone rouge
La chute du prix du pétrole, -25% depuis les plus hauts du mois d’avril dernier, ne suffit pas à rassurer l’Association du transport aérien international (Iata). Car même s’il s’agit d’une bonne nouvelle, la baisse des coûts de carburant est essentiellement due au ralentissement de l’économie mondiale. Or, comme le rappelle l’association, le trafic aérien est étroitement lié à la croissance mondiale. Celle-ci pourrait tomber à 2,4% en 2012 contre 2,5% attendu en 2011, tout près du seuil de 2% en dessous duquel l’industrie aérienne commence habituellement à perdre de l’argent. «Nous approchons dangereusement de ce niveau. L’industrie est fragile. Toute secousse pourrait l’envoyer dans le rouge», s’inquiète Tony Tyler, le directeur général de l’Iata.
Dans ce contexte, l’association s’attend pour 2012 à des revenus cumulés de 632 milliards de dollars et à une marge nette de 0,8%. Elle devrait s’établir à 1,2% en 2011, contre 2,7% en 2010. La marge de 2011 sera néanmoins légèrement meilleure que ce qu’attendait il y a encore quelques mois l’Iata. La demande de transport de passagers a été plus forte que prévu. La prévision de croissance annuelle s’élève à 5,9% contre 4,4% prévu en juin. Sur ce plan, la fin d’année s’annonce plus faible que la période de janvier à juillet (+6%), mais certains pays, comme la Chine, soutiennent la demande.
De quoi compenser le très net décrochage du fret, dont la prévision de croissance est réduite à 1,4% pour 2011 contre +5,5% attendu auparavant. Ce marché devrait générer 67 milliards de dollars de revenus annuels, 5 milliards de moins que prévu. Les conséquences du tsunami au Japon se font encore sentir sur le fret aérien en Asie-Pacifique et le ralentissement économique en Europe et aux Etats-Unis pèse également sur le trafic mondial.
Ce sont les compagnies aériennes du Moyen-Orient qui profiteront le plus du maintien de l’activité passagers. Les transporteurs de la région devraient enregistrer selon l’Iata 800 millions de dollars de bénéfices en 2011, huit fois plus que ce qui était prévu en juin. Les compagnies européennes devraient quant à elles afficher une marge nette de 1,5% en 2011, «la plus faible en dehors de l’Afrique», précise l’Iata.
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