Les comités d’audit ne suivent pas suffisamment la gestion des risques
Pour la huitième édition de son panorama de la gouvernance des sociétés cotées françaises, Ernst & Young, en partenariat avec France Proxy, relève le décalage persistant entre petites et grandes capitalisations.
Désormais 50% des entreprises disposent d’un niveau de gouvernance satisfaisant (35% en 2009). Un taux qui atteint 83% pour les grosses capitalisations, contre seulement 17% pour les petites et moyennes (10% en 2009). La moitié des valeurs moyennes (55% en 2009) ont une gouvernance très faible, contre 7% pour les «bigcaps». Mais, la transparence des «midcaps» s’améliore progressivement.
Deux thèmes invitent à la réflexion. D’une part, le montant des jetons de présence. S’il progresse – enfin – chez les Midcaps de 40% à 14.000 euros, et légèrement au CAC 40 (+6% à 51.000 euros), il recule de 3% dans le SBF 120 à 28.000 euros. «En période de crise, certains administrateurs ont accepté de réduire ou d’abandonner leurs jetons de présence en signe de solidarité avec les actionnaires, même si d’autres y sont défavorables estimant qu’une rémunération est la garantie de leur indépendance, explique Bruno Perrin, associé Ernst & Young. Je pense que les jetons de présence vont augmenter. Une nécessité s’il on veut accueillir davantage d’administrateurs étrangers ».
D’autre part, l’application de la 8e directive prévoit de nouvelles missions pour les comités d’audit. «Le niveau actuel de diligence est encore relativement faible, avec seulement 77% des comités d’audit du SBF 120 qui déclarent suivre régulièrement la gestion des risques», souligne Dominique Pageaud. Les tableaux de bord sur les risques progressent, mais la quantification des risques dans les chapitres dédiés dans le rapport annuel reste marginale. «La cartographie des risques n’est pas toujours mise à la disposition du conseil», poursuit Dominique Pageaud.
L’approche ne doit pas être «trop centrée sur la conformité car il s’agit de la pérennité de l’entreprise, explique Dominique Pageaud. Le périmètre de contrôle des risques ne doit pas se limiter aux aspects financiers, mais couvrir également les risques industriels, réglementaires, etc.». Enfin, «le ‘lady boom’, qui a notamment permis d’abaisser l’âge moyen des administrateurs, doit se confirmer pour arriver à l’objectif du projet de loi de 40% de femmes dans six ans», rappelle Véronique Bruneau Bayard, associée de France Proxy.
Plus d'articles du même thème
-
SES décolle en Bourse après un troisième trimestre meilleur qu'attendu
Porté par l'intégration d'Intelsat, l'opérateur satellitaire affiche un excédent brut d'exploitation en forte hausse à 413 millions d'euros entre juillet et septembre -
Commerzbank dévoile des résultats en forte hausse avant sa reprise par UniCredit
La banque allemande se dit désormais convaincue de la capacité du rapprochement avec sa concurrente italienne à créer de la valeur alors que ses résultats depuis le début de l'année atteignent des records. -
Fed-BCE : la hausse des taux longs entre dans la danse
Les pauses opérées en octobre ne marquent pas la fin du cycle de hausse des taux directeurs des deux banques centrales, estime Hélène Baudchon, cheffe économiste adjointe du Groupe BNP Paribas.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreCessions de parts de SCI : attention à la nullité
Passé inaperçu cet été, un changement de règles fiscales modifie les modalités de cession des parts de SCI, y compris familiales, entre associés -
ÉvasionA chacun son Himalaya
Nichée au pied du toit du monde, cette retraite signée Six Senses attire, aux confins de l’Inde, une clientèle de dirigeants, curieux de l’ayurvéda et célébrités incognito, venue chercher un antidote à une folle époque. -
Global BritainLe « Londongrad » veut croire à un retour en grâce après la guerre en Ukraine
A première vue, tout sépare le prince belge Henri de Croÿ et l’oligarque russe Roman Abramovitch. Le premier est le patron du cabinet juridique Hélin International jugé depuis lundi pour complicité de fraude fiscale et association de malfaiteurs devant la 32e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. C’est un enfant de la haute dont la lignée remonte au XIIe siècle. Originaire d’un village perdu près du cercle polaire servant de goulag, le second est un orphelin juif parti de rien qui a prospéré dans le pétrole à la suite du grand pillage des privatisations des années 1990 au lendemain de la chute de l’URSS.