Les cessions n’ont pas dissipé le flou stratégique autour de Vivendi

Le cours de Bourse n’a pas profité des ventes annoncées en juillet de Maroc Telecom et d’Activision. Le groupe publie ses résultats semestriels demain
Olivier Pinaud
Le cours de Vivendi hier sur Boursorama. photo: PHB
Le cours de Vivendi hier sur Boursorama. photo: PHB  - 

L’annonce fin juillet des ventes des participations dans Maroc Telecom et dans Activision Blizzard a laissé les marchés de marbre. Depuis le 23 juillet, le cours de l’action Vivendi s’est très légèrement effrité sans réussir à faire mieux que l’indice EuroStoxx Media, en très légère hausse. Espérées depuis des mois, ces deux cessions n’ont finalement fait que renforcer les interrogations autour de la stratégie du groupe de médias et de télécoms. «Plus de détails sur la future stratégie du groupe, son management et l’utilisation du cash sont nécessaires pour espérer une surperformance du cours de Bourse», reconnaissent les analystes d’Exane BNP Paribas, à deux jours de la publication, demain matin, des résultats semestriels de Vivendi.

Selon Citigroup, la vente des deux participations permettra à Vivendi de réduire sa dette nette à 5,6 milliards d’euros fin 2013, contre 13,2 milliards d’euros à fin mars. Elle ne représenterait plus que 1,07 fois son Ebitda, contre 1,6 fois un an auparavant. Mais maintenant, les analystes se demandent ce que le groupe va faire de cette somme: acquisition dans les médias, rachats d’actions, dividende exceptionnel… «La réponse à cette question est cruciale, car un programme de rachats d’action serait, par exemple, un élément clé pour atténuer la dilution mécanique du bénéfice par action et du cash flow disponible» engendrée par les ventes de Maroc Telecom et d’Activision Blizzard, lancent les analystes de Citigroup. A elles deux, ces filiales ont apporté l’an dernier 64% du cash-flow opérationnel de Vivendi.

Avant une ou des acquisitions dans les médias, les investisseurs souhaiteraient surtout voir le bout du tunnel chez SFR, le premier actif de Vivendi. «Alors que la stratégie de Vivendi est orientée vers les médias, ce sont les actifs dans les télécoms qui créent le plus de maux de tête», avertit Citigroup. Les analystes s’attendent à une chute de 12% du chiffre d’affaires de SFR au deuxième trimestre, plus marquée que celle subie par Orange (-7%). Même avec les économies en cours, cela conduirait à une chute de 23% de l’Ebitda, selon eux.

Quand à GVT, l’opérateur brésilien du groupe, la dévalorisation accélérée du réal va dégrader ses résultats en euros. Pour cette raison, mais aussi du fait de la montée de la concurrence au Brésil, Exane BNP Paribas a réduit de 11% ses estimations d’Ebitda 2013 pour GVT.

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