Les candidats au rachat de Bausch & Lomb se bousculent au portillon
Sanofi étudierait, selon Bloomberg, le rachat du spécialiste américain de la santé oculaire Bausch & Lomb. Le français, conseillé par Evercore Partners, se refusait vendredi à tout commentaire. Il ne serait pas le seul à avoir exprimé son intérêt auprès de Warburg Pincus, la société de private equity qui viserait une valeur d’entreprise de quelque 10 milliards de dollars. Ou plus précisément de 9,6 à 10,4 milliards, soit 12 à 13 fois l’excédent brut d’exploitation de 800 millions attendu cette année.
Le vendeur, conseillé par Goldman Sachs, souhaiterait selon Bloomberg boucler un premier tour d’enchères d’ici fin-janvier, et aurait notamment ouvert les livres de comptes de Bausch & Lomb à des géants américains de la santé comme Merck, Pfizer, Abbott et Johnson & Johnson. Le courtier Bryan Garnier, qui souligne l’intérêt de Sanofi pour l’ophtalmologie, reste pourtant réservé sur les chances de succès du groupe français, qui a réalisé sur les cinq dernières années 42 opérations pour un montant moyen dévoilé de 1,5 milliard.
La valorisation évoquée par Bloomberg permettrait à Warburg Pincus de concrétiser une juteuse opération financière. Elle verrait en effet son investissement en capital de 1,7 milliard en 2007 multiplié par 3. Une performance qui constituerait un puissant argument de vente pour une société de private equity qui tente actuellement de mobiliser les investisseurs pour un nouveau fonds dont le montant cible s’élève à 12 milliards de dollars.
Mais la transaction n’est pas encore signée. Faute d’offre satisfaisante dans un mois, Warburg Pincus pourrait d’ailleurs de nouveau songer à un retour en Bourse de Bausch & Lomb, selon plusieurs sources citées par l’agence. Surtout, la taille de la cible et sa relative diversification (chirurgie, pharmacie, lentilles et solutions d’entretien) pourrait compliquer la donne, certains prétendants pouvant renoncer à acquérir l’ensemble. Ils pourraient également procéder par la suite à des cessions.
Warburg Pincus privilégie actuellement une telle vente en bloc pour des raisons fiscales, à en croire Bloomberg. Il s’agirait alors, selon la société d’étude Preqin, d’une des plus importantes opérations de cession jamais réalisées par une société de private equity, après celles d’Alltel pour 28,1 milliards en 2009 et d’Intelsat pour 16,6 milliards en 2008.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
LogementLes propriétaires immobiliers enfin gagnants ?
Chose promise, chose due, le projet de loi Relance logement propose d’assouplir les conditions pour bénéficier du dispositif défiscalisant Jeanbrun. Il relâche aussi la pression sur le calendrier DPE d’interdiction de location -
Droit dans le murLogement : une loi pour bâtir plus vite, vraiment ?
Le grand projet de loi Relance logement, qui sera présenté mercredi 24 juin en Conseil des ministres et que l'Opinion a consulté, promet encore et toujours de simplifier les normes pour construire dans des délais plus brefs -
EXCLUSIF Surprise gâchéeDrogue : après le choc de la circulaire Lecornu, le gouvernement en quête... d'auto-tests
Le processus de dépistage de produits stupéfiants annoncé par le Premier ministre mardi soir connaît encore des balbutiements.