Les brasseurs se confrontent à la faiblesse des volumes
Les brasseurs font face à un nouveau problème. Depuis le milieu des années 2000, la croissance des volumes de bière vendus à travers le monde a fortement ralenti. De 5,9% en 2006 et en 2007, le rythme est tombé à 0,5% en 2013 et à 0,7% en 2014, au même niveau que lors de l’année de crise de 2009.
Dans une publication récente, les analystes d’Exane BNP Paribas expliquent pourquoi les brasseurs vont devoir s’habituer à un environnement moins dynamique qu’autrefois. Le courtier table sur une croissance mondiale des volumes de 1% en moyenne par an au cours des cinq prochaines années, deux fois moins que lors des trois à cinq dernières années et trois fois moins que durant la dernière décennie.
La première explication est démographique. Les analystes se sont concentrés sur la tranche de population des 15-44 ans, l’âge des principaux amateurs de bière, pour les pays représentant 93% de la consommation mondiale. Or, «la majorité des pays analysés s’attendent à une décélération du rythme de croissance de cette catégorie d’âge par rapport aux 5 ou 10 dernières années», indique Exane BNP Paribas, y compris la Chine. Seuls les pays africains échapperaient à cette tendance et dans une moindre mesure le continent américain. La seconde explication est liée au comportement des consommateurs. La part de la bière dans le total des boissons alcoolisées a tendance à diminuer dans le temps, au fur et à mesure de l’amélioration des conditions de vie de la population. Enfin, le marché est déjà extrêmement concentré, ce qui limite les perspectives de croissance. Les quatre premiers vendeurs mondiaux de bière détiennent 52% du marché mondial. Seuls les fabricants de cigarettes font mieux dans l’univers des biens de consommation courante avec 71%.
Dans ce contexte, l’industrie de la bière est en train de changer de pied, en allant d’un modèle reposant sur les volumes vers un modèle orienté sur les prix. Exane BNP Paribas a calculé qu’en 2013, la valeur du marché mondial a augmenté de 4,8% avec une hausse de seulement 0,5% des volumes écoulés.
Ce changement est problématique dans un environnement déflationniste comme en Europe. «L’élément de la croissance devient alors l’innovation», indique JPMorgan. Mais la capacité à augmenter les prix est également cruciale face à l’inflation afin d’arriver à répercuter au client la hausse des coûts.
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