Les «Big Four» font les frais d’une impasse diplomatique entre Washington et Pékin
Dans ce feuilleton sino-américain au long cours, les plus hautes autorités politiques des deux pays partagent la vedette avec les régulateurs de l’audit et les géants mondiaux de ce secteur. Ces derniers, les «Big Four», à savoir EY, KPMG, Deloitte et PwC, ont à l’occasion du dernier épisode en date reçu une gifle de la part d’un juge administratif américain sollicité par la SEC.
Le gendarme américain des marchés mène bataille depuis des années pour obtenir toute la transparence comptable possible de la part des sociétés chinoises cotées aux Etats-Unis, au nom de la protection de l’investisseur. Cela sur fond de scandales comptables ayant entaché l’entrée en Bourse à New York de certains groupes chinois.
Mercredi soir, le juge Cameron Elliot a estimé que les «Big Four» ne jouaient pas le jeu, en privant intentionnellement les autorités américaines de certains documents. Et de sanctionner les fautifs en interdisant pendant six mois leurs filiales chinoises d’auditer les comptes des sociétés locales cotées aux Etats-Unis. La SEC demandait une interdiction permanente pour les quelque 200 sociétés concernées.
La sanction n’est pourtant pas applicable immédiatement, d’autant que les cabinets visés ont dans un communiqué commun clamé leur intention de faire appel. Ils ont trois semaines pour le faire. La procédure pourrait durer des années. Pour l’heure, EY et consorts se félicitent des «progrès significatifs» déjà obtenus pour améliorer le cadre des échanges d’informations comptables entre régulateurs américains et chinois, sur la base d’un dialogue constructif.
L’affaire pourtant occupe depuis des mois le terrain diplomatique, jusqu’au sommet des Etats. Et en juillet dernier, un pas crucial semblait avoir été franchi lorsque le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Jack Lew, a annoncé qu’un accord avait été trouvé pour la transmission par Pékin des documents demandés par la SEC.
Les cabinets d’audit assurent en effet de leur bonne volonté, qui se heurte selon eux aux règles de confidentialité imposées par la Chine.
Le jugement rendu cette semaine précise que certains documents manquent encore à l’appel en dépit de l’accord signé l’été dernier.
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