Les Bettencourt pérennisent leur contrôle sur L’Oréal

En mettant fin à tous leurs litiges, Liliane Bettencourt et sa fille clarifient la gouvernance de la holding de tête du groupe
Olivier Pinaud

Jean-Paul Agon, le directeur général de L’Oréal, est soulagé. L’accord entre Liliane Bettencourt et sa fille, Françoise Meyers-Bettencourt, qui met fin à tous leurs différends judicaires, constitue «un heureux dénouement pour le groupe et ses collaborateurs», s’est félicité dans un mail envoyé aux salariés le patron du numéro un mondial des cosmétiques.

Jusqu’à présent, cette guerre de succession au sein de la famille actionnaire n’avait pas eu d’impact sur la vie courante et les affaires de la société. Mais elle laissait planer une réelle incertitude sur son avenir et son contrôle.

Le risque était en effet de voir éclater Téthys, la holding familiale des Bettencourt. Celle-ci détient, en pleine propriété ou en usufruit, 31% du capital de L’Oréal. Une dissension prolongée aurait pu ouvrir un peu plus la porte au suisse Nestlé, qui détient 29,8% du groupe de cosmétiques, même si un pacte d’actionnaires lie les Bettencourt à Nestlé. Le groupe suisse ne peut en effet monter au capital jusqu'à six mois après le décès de Liliane Bettencourt.

Selon l’accord annoncé hier, Jean-Pierre Meyers, le gendre de Liliane Bettencourt, devient directeur général de Téthys à la place de Patrice de Maistre qui cessera par ailleurs ses fonctions de gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt le 31 décembre 2010. Jean-Pierre Meyers sera épaulé par ses deux fils, Jean-Victor et Nicolas, qui entrent au conseil de surveillance de Téthys.

Liliane Bettencourt garde la présidence de la holding familiale. «L’idée est que Liliane Bettencourt monte sur son Aventin et que la gestion soit assurée par Jean-Pierre Meyers et sa famille», a expliqué Didier Martin, l’avocat de Françoise Meyers-Bettencourt.

Cet accord entre Liliane Bettencourt et sa fille ne met pas fin à toutes les informations judiciaires ouvertes. Mais la famille Bettencourt prouve au moins son attachement au contrôle de L’Oréal.

D’ailleurs, même au plus fort d’une bataille judiciaire et médiatique de plus de trois ans, Liliane Bettencourt, sa fille et son gendre, qui siègent tous les trois au conseil d’administration de L’Oréal, ont toujours voté dans le même sens.

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