Les autorités chinoises mettent un terme au gel des introductions en Bourse

Une cinquantaine de sociétés pourraient être prêtes à concrétiser une IPO d’ici fin janvier, selon le régulateur, qui bloque le marché depuis octobre 2012
Benoît Menou

Pékin a fait vœu d’accorder une place plus importante aux marchés dans la conduite des affaires économiques en Chine. Les mesures dévoilées ce week-end par le régulateur local des marchés financiers, la China Securities Regulatory Commission (CSRC), en sont l’illustration. Les autorités entendent en effet mettre un terme au gel des introductions en Bourse dans le pays, un gel actif depuis octobre 2012. Une cinquantaine de sociétés pourraient être prêtes à concrétiser une IPO d’ici fin janvier, selon la CSRC, qui concède qu’il lui faudra bien tout de même une année environ pour étudier l’ensemble des dossiers de quelque 760 entreprises d’ores et déjà candidates.

Comme l’avait signalé le mois dernier le nouveau patron du régulateur, Xiao Gang, la réforme de la procédure d’IPO sera pourtant progressive, afin d’éviter un choc sur les Bourses de Shanghai et de Shenzhen au moment où l’indice de référence, le CSI 300, a concédé cette année un recul de 3,3% sur fond de manque de confiance des investisseurs. La Chine ne retrouvera pas immédiatement le rang de premier marché mondial pour les entrées en Bourse qu’elle a atteint en 2010, avec un record de 71 milliards de dollars de capitaux levés.

La réforme n’en est pas moins importante. Alors que les sociétés doivent aujourd’hui se soumettre à un complexe système d’approbation administrative, elles devraient désormais voir s’ouvrir les portes du marché par enregistrement, une procédure laissant aux investisseurs la responsabilité de l’évaluation de la valorisation du titre et des risques associés à la souscription. Si le geste de Pékin ne donne pas encore naissance à un système aussi ouvert que dans la plupart des grands marchés boursiers, il devrait aider à limiter l’influence des autorités et renforcer la transparence. La CSRC a ainsi souligné qu’elle continuerait à mener des «contrôles stricts» quant à qualité de l’information transmise par les prétendants à la cotation. Ces derniers devront fournir des états financiers plus détaillés et les rendre publics plus tôt dans la procédure d’IPO. La CSRC se veut en outre plus exigeante envers les banques organisatrices des opérations, et les rendre davantage responsables. Elles pourraient notamment être écartées du marché si une société devait afficher un repli de plus de 50% de son résultat net au cours du premier exercice suivant son entrée en Bourse.

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