Les agences de notation s’inquiètent de l’envolée de la dette de Constellium
Les investisseurs de Constellium font le chassé-croisé. Alors que les obligations du producteur d’aluminium cédaient 2 cents à 96,47, le cours de l’action a repris 14% en deux jours sur le Nyse. Le groupe va en effet recourir uniquement à de la dette pour refinancer le prêt relais monté par Deutsche Bank pour boucler l’acquisition de Wise Metals. Celle-ci est payée sur une valeur d’entreprise de 1,4 milliard de dollars, dont 945 millions de dette, le solde étant puisé dans la trésorerie du groupe.
Lors de l’annonce de l’acquisition, début octobre, la direction de Constellium avait indiqué qu’elle pourrait recourir à une augmentation de capital si besoin, mais qu’elle était disposée à accepter une dégradation d’un cran de la note de crédit.
Moody’s et S&P sont passées à l’acte hier, après l’annonce de l’émission par Constellium de 535 millions d’euros d’obligations à échéance 2023. D’un point de vue stratégique, les deux agences voient l’acquisition de Wise Metals d’un bon œil. L’exposition du groupe à l’Amérique du Nord va ainsi monter à 30% contre 14% auparavant, reconnaît S&P, notamment sur le segment des canettes alimentaires, un secteur «stable et générateur de cash», appuie Moody’s. Mais d’un point de vue financier, l’opération dégrade le profil de Constellium. Moody’s est passée de Ba3 à B1, avec une perspective négative. S&P a frappé un peu plus fort, en fixant la note à B, contre BB- auparavant, avec une perspective stable.
Sans recours au marché actions, la dette ajustée va monter autour de 5,5 à 6 fois l’Ebitda jusqu’en 2017, calcule S&P. Un levier de 4 fois aurait permis de conserver la note BB-, indique l’agence. En plus de l’accroissement du ratio dette nette sur Ebitda, Moody’s s’inquiète d’un «free cash-flow négatif au cours des 24 prochains mois, avec une perspective d’amélioration limitée». L’acquisition de Wise Metals sera complétée par un important programme d’investissement.
En s’appuyant sur son acquisition, Constellium compte construire 200.000 tonnes de capacités de production d’aluminium «body in white» (Biw) pour répondre à la demande des constructeurs automobiles. Selon le groupe, le marché nord-américain du Biw pourrait être multiplié par 20 d’ici à 2025. Mais Moody’s s’inquiète du risque opérationnel et d’intégration de Wise Metals.
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