Les actionnaires de PPR détiendront 95% de la Fnac le 20 juin
L’opération de scission prendra la forme d’une distribution de dividende, à raison d’une action Fnac pour 8 actions PPR
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Olivier Pinaud
Dix-neuf ans après en avoir pris le contrôle, PPR est sur le point de se séparer de la Fnac. Le conseil d’administration du groupe a validé hier à l’unanimité la mise en bourse de sa filiale de distribution de produits culturels. Comme annoncé en fin d’année dernière, l’opération prendra la forme d’une scission puis d’une distribution d’actions du Groupe Fnac aux actionnaires de Kering, futur nom de PPR. Déjà employée par plusieurs groupes ces dernières années, comme Accor avec Edenred ou Total avec Arkema, l’opération devrait entraîner par la suite un profond changement dans l’actionnariat de la société cédée.
Lors de l’assemblée générale du 18 juin 2013, PPR proposera de distribuer à ses actionnaires, à titre de solde (un acompte sur dividende de 1,50 euro en numéraire a été mis en paiement le 24 janvier 2013), un complément de dividende en numéraire de 2,25 euros ainsi qu’un dividende complémentaire en actions Groupe Fnac à hauteur d’une action Groupe Fnac pour 8 actions PPR détenues. Le groupe distribuera un maximum de 15.764.588 actions, représentant un peu moins de 95% du capital du Groupe Fnac. Cette attribution prendra la nature d’une distribution de dividendes sur le plan fiscal. Le détachement du coupon ainsi que la première cotation des actions Fnac interviendront le 20 juin. Le prospectus de l’opération devrait recevoir le visa de l’Autorité des marchés financiers dans les prochains jours.
L’an dernier, la Fnac a vu son chiffre d’affaires plier de 2,5% à un peu plus de 4 milliards d’euros. Mais son Ebitda a chuté de 17% à 143,9 millions d’euros. Depuis 2012, le distributeur est engagé dans un plan de restructuration «Fnac 2015» qui vise à élargir son offre de produits (enfants, papeterie, petit électroménager…) et à signer des partenariats sur le modèle de ceux conclus avec SFR et Lagardère Services.
En scindant sa filiale en difficultés, PPR aura quasiment achevé sa mue, d’un conglomérat de distributeurs en un groupe de luxe et de mode. Après cette opération, le futur Kering pourra s’atteler à la cession de La Redoute et de Daxon, ses deux derniers distributeurs encore en portefeuille. L’opération pourrait intervenir au second semestre 2013. Cette mue vers le luxe a largement contribué à la hausse de 28% du cours de l’action PPR au cours des douze derniers mois.
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