Les actionnaires d’AkzoNobel poussent à la négociation
La pression monte sur AkzoNobel. Après ses deux refus d’examiner l’offre de reprise de l’américain PPG Industries à 88,72 euros par action (90 euros dividende inclus), le chimiste néerlandais se trouve en butte à plusieurs actionnaires, qui lui reprochent son obstination.
Le fonds activiste Elliott, qui revendique une participation de 3%, indique dans un communiqué «n’avoir pas trouvé probant les arguments avancés par les administrateurs d’AkzoNobel pour justifier leur refus d’engager des discussions». S’il reconnaît que la deuxième offre de PPG est «inadéquate», il «estime qu’une offre à ce niveau constitue une base de départ crédible, représentant une prime de 39,7% sur le cours d’AkzoNobel» avant la première approche de PPG. «Ce n’est qu’en discutant qu’AkzoNobel pourra déterminer si PPG est disposé à lancer une offre qui accorde une contrepartie satisfaisante aux actionnaires», ajoute le fonds, qui rappelle être entré au capital du groupe néerlandais fin 2016 en raison de sa sous-valorisation et de sa sous-performance de longue date par rapport à ses pairs.
Deuxième élément qui a irrité Elliott, Akzo Nobel n’a apparemment consulté aucun de ses actionnaires avant de rejeter les offres. S’il l’avait fait, «il aurait découvert que la plupart des actionnaires souhaitent l’ouverture de discussions», rappelant qu’une enquête réalisée auprès des actionnaires par Sanford C. Bernstein après la première approche de PPG a conclu qu’ils y étaient favorables «à une majorité écrasante».
D’autres actionnaires partagent l’avis du fonds activiste. Le gestionnaire d’actifs Columbia Threadneedle estime pour sa part qu’une acquisition aurait du sens. La VEB, l’association des actionnaires néerlandais, est également favorable à une prise de contact. «La deuxième offre répond à beaucoup de préoccupations d’Akzo sur la recherche et développement, les emplois et la culture des deux groupes: ils devraient au moins en discuter», a déclaré Paul Koster, le directeur de VEB.
Lapremière proposition de PPG, faite peu avant les élections néerlandaises où une victoire des souverainistes radicaux du PVV était jugée possible, représentait 83 euros par action, dont 54 en numéraire, soit une prime de 27%. Elle valorisait Akzo Nobel 21 milliards d’euros. La deuxième représente 56,22 euros par action en numéraire et 0,331 action PPG, soit un total de 22,4 milliards. La partie cash représente désormais 63% du prix et les actionnaires d’Akzo détiendraient une participation de 25% dans le nouvel ensemble. PPG évalue les synergies à 750 millions d’euros par an.
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