Les acteurs privés de la dépendance demandent un rééquilibrage des financements
Après la cacophonie politique autour de la réforme de la dépendance, le Synerpa, premier syndicat national des maisons de retraite privées, monte le ton. Alors que le président François Hollande avait annoncé une large concertation, la ministre déléguée aux Personnes âgées, Michèle Delaunay annonçait dans Le Parisien son intention de «réfléchir à la façon d’encadrer les loyers».
«Nous sommes profondément choqués par les propos de la ministre », confie à L’Agefi Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Synerpa. Le syndicat rappelle que 80% des lits consacrés aux personnes âgées dépendantes sont exploités par le secteur public ou associatif, où les prix sont encadrés, et que 20% des lits relèvent du secteur privé commercial, avec une tarification libre pour le nouvel entrant, mais réévaluée chaque année par un indice fixé par l’Etat.
En moyenne, le coût mensuel ressort à 1.800 euros dans le secteur public et à 2.500 euros dans le privé, estime le Synerpa. «Ce différentiel de tarif n’est pas un sujet, assure Florence Arnaiz-Maumé. Le secteur public bénéficie de subventions, parfois de terrains offerts, de baux emphytéotiques, et ses déficits sont épongés par les conseils généraux. De nombreux avantages dont ne profite pas le secteur commercial ».
D’autant que «les tarifs encadrés ne permettent ni le développement du parc, ni la rénovation des établissements, poursuit Florence Arnaiz-Maumé. Sur les dernières années, les créations de lits ont été assurées à 80% par les groupes privés, tandis que les appels à projet sont en voie de disparition (2 en 2012 et 3 en 2013)».
Aussi, «nous demandons un rééquilibrage du financement du secteur privé actuellement assuré à 60% par le résident, à 30% par l’assurance maladie, et à 10% par le conseil général, explique la déléguée générale du Synerpa. L’assurance maladie pourrait participer davantage, en redistribuant mieux ses fonds. Actuellement 2 milliards d’euros sont consacrés à l’hospitalisation des personnes âgées. Or une journée de maison de retraite coûte 110 euros, contre 800 euros en hôpital. Quant aux collectivités locales, elles devront financer en fonction de l’évolution de la courbe démographique».
En attendant, les acteurs cotés du secteur reculent en Bourse depuis le début de la semaine: Medica perd 5%, Orpea -3% et Korian -2%.
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