L’éditeur du jeu vidéo Candy Crush vend à la Bourse un pari risqué
King Digital Entertainment parviendra-t-il à rendre les investisseurs aussi dépendants à son titre en Bourse de New York que le sont les centaines de millions d’utilisateurs à son jeu vidéo Candy Crush Saga ? L’éditeur basé à Londres et Stockholm ne manque en tout cas pas d’ambition, comme en témoigne le prospectus d’introduction enregistré hier auprès de la SEC.
King entend, sous la houlette de JPMorgan, Credit Suisse et BoA Merrill Lynch, écouler 22,2 millions d’actions à un prix unitaire de 21 à 24 dollars. Ce dernier permettrait à la société de lever 533 millions de dollars et la valoriserait à 7,6 milliards.
Les premières transactions sont attendues le 26 mars sur le Nyse au lendemain de la détermination du prix définitif. King précise que 15,5 millions de titres seront créés pour l’occasion et 6,7 millions cédés par les actionnaires actuels, au premier rang desquels Apax Partners dont la part au capital baissera de 4 points à 44,2% (celle du fondateur et directeur général Riccardo Zacconi passera de 10,4 à 9,5%).
Tirant parti d’un sentiment favorable envers les valeurs technologiques, après l’IPO réussie de Twitter et avant celles attendues du site musical Spotify ou de celui de location de logements AirBnB, King Digital Entertainment doit sa renommée mondiale à un jeu, Candy Crush Saga, sorte de puzzle où il est question d’aligner des bonbons. Ce jeu créé en 2012 et téléchargé depuis 500 millions de fois a, bien que gratuit dans sa version de base, représenté 78% des revenus de son éditeur l’an dernier. Un chiffre d’affaires multiplié par 11 à 1,88 milliard de dollars, King proposant 180 jeux au total sur smartphones, Facebook ou sur son propre site. Le résultat net a bondi en 2013 de 7,8 à 567,6 millions.
L’éditeur est ainsi profitable depuis des années, ce qui atténue selon certains analystes les risques d’excès d’optimisme à l’occasion de son entrée en Bourse. Il n’empêche, la valorisation de l’éditeur de jeux sur réseaux sociaux Zynga a été divisée par deux depuis son IPO en 2011, la société pâtissant du transfert d’intérêt des joueurs vers, notamment, les produits de King.
Aux yeux de l’universitaire et spécialiste des IPO Jay Ritter toutefois, le multiple de capitalisation du bénéfice 2013, de 13,3 en haut de fourchette indicative, reflète déjà la prudence des banques quant à la capacité de King à maintenir sur le long terme un rythme de croissance aussi effréné.
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