Le yen fort renforce le trésor de guerre des prédateurs japonais

Mergermarket souligne l’appétit en M&A en dehors de l’Archipel, particulièrement en zone euro et aux Etats-Unis
Benoît Menou

Les groupes japonais ont hérité d’une arme imparable pour partir à la conquête de la planète: le yen fort. Les pics historiques atteints par la devise nippone, particulièrement face au dollar, à la livre ou à l’euro (avec notamment un plus haut de 94,7 yens pour un euro fin juillet), octroient en effet aux sociétés de l’Archipel une puissance de feu imposante pour faire usage en M&A de leurs liquidités traditionnellement élevées et réduire leur dépendance envers un marché domestique saturé dans nombre de secteurs.

En dépit des incertitudes entourant la crise de la dette en zone euro, le flot n’est pas prêt de se tarir, selon Mergermarket. La société d’études dédiée aux fusions-acquisitions indique qu’au 2 septembre, le montant des transactions annoncées par les groupes japonais en Europe cette année représente déjà, à 21,6 milliards de dollars, 93% de celui de l’ensemble de l’année 2011. Cela pour un nombre de transactions plus élevé que l’an passé. Le record de 2006 à 25 milliards est voué à tomber.

Cette frénésie d’emplettes est encore plus visible en zone euro plus précisément, où les 13,1 milliards de dollars annoncés en 2012 représentent d’ores et déjà plus du double du record annuel établi en 2006 (6,1 milliards). Au Royaume-Uni, le montant de 7 milliards de dollars d’acquisitions dévoilées au 2 septembre est déjà en hausse de 63% par rapport à l’ensemble de l’exercice passé et constitue un record en excluant le rachat en 2006 de Gallagher par Japan Tobacco pour 19,1 milliards. Certes, la liste 2012 inclut l’offre de 4,3 milliards de l’agence de publicité Dentsu sur le britannique Aegis. Mergermarket croit savoir que le dauphin de Dentsu, Hakuhodo, prépare à son tour une opération internationale. Avec les services financiers (38,1%), les médias (22,6%) représentent déjà près des deux tiers du volume des opérations annoncées en 2012 sur le Vieux Continent.

Les Etats-Unis sont également un terrain de chasse prisé. Le volume de 12,9 milliards de dollars d’opérations annoncées par des prétendants japonais représente un niveau inédit. Mergermarket met en exergue dans ce contexte la quête structurelle de capacités énergétiques, le Japon étant privé depuis le printemps 2011 des 30% de ses besoins en la matière fournis préalablement par son secteur nucléaire. Les groupes japonais s’intéressent naturellement au segment du gaz de schiste.

{"title":"","image":"78682»,"legend":"fusions acquisitions»,"credit":""}

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...