Le trésor de guerre du CAC 40 devrait soutenir les acquisitions
Tous les indicateurs sont au vert pour les entreprises du CAC 40 ! Le chiffre d’affaires renoue enfin avec la croissance (+5%, essentiellement en organique), constate la douzième édition du profil financier du CAC 40 réalisé par Ricol Lasteyrie Corporate Finance, membre du réseau EY. Et pour la première fois depuis au moins douze ans, la part des ventes réalisées en Europe ne recule plus. Elle est passée de 72% en 2006 à 55% en 2016, avant de remonter à 56% en 2017. En revanche, le poids de la France continue à diminuer.
Le retour à la profitabilitése poursuit également. Avec 94 milliards de bénéfice net l’an dernier, le CAC 40 a retrouvé son niveau de 2007. «On espérait dépasser les trois chiffres, précise Marc Lefèvre, associé EY. Si le rebond de 39% du résultat net du CAC 40 en 2016 s’expliquait essentiellement par la forte baisse des dépréciations, la hausse de 22% de 2017 est due à la croissance organique. Un signe positif pour l’avenir.» La marge opérationnelle continue à progresser, à 7,9% (+0,3 point), mais reste encore loin des niveaux de près de 11% d’avant la crise. Toutefois, la marge opérationnelle courante s’améliore plus rapidement à 9,8% (+0,8 point). «La dynamique repart, se félicite Marc Lefèvre. Même si la croissance économique ralentira cette année, ce n’est pas la fin d’un cycle. En revanche, une guerre commerciale sino-américaine durable pèserait sur les performances des groupes européens.»
Les investissements sont au plus bas
Seul point noir de 2017, la faiblesse des investissements. Ils ont atteint le plus bas niveau depuis 2007 à 69 milliards d’euros (-15% sur un an), soit 6,1% du chiffre d’affaires, contre 7,7% en 2007. «Une surprise et une déception, confie Marc Lefèvre. Avec le retour d’une croissance synchrone dans le monde l’an dernier, nous anticipions une reprise des investissements. Ce mouvement devrait plutôt être visible en 2018.» Toutefois, en tenant compte des changements de composition du CAC 40 et des mouvements exceptionnels, l’investissement reste stable de 2015 à 2017. D’ailleurs, le nombre d’entreprises dont les investissements baissent reste stable à 17.
L’endettement net est tombé à un plus bas depuis le début de l’étude en 2006, et désormais 20% des sociétés du CAC 40 sont en trésorerie nette positive. «Ce trésor de guerre va pouvoir être consacré à la croissance externe, en accentuant le mouvement d’acquisitions amorcé l’an dernier, où la France a été le pays européen le plus actif en matière de M&A, avec notamment beaucoup de rachats de PME allemandes, poursuit Marc Lefèvre. Il est vrai que les prix sont plus élevés, avec des multiples de plus de 10 fois l’Ebitda en moyenne.» Et si les levées obligataires ont été plus nombreuses (73 contre 66 en 2016), les montants diminuent de 37% à 31,5 milliards d’euros. «Cette tendance devrait perdurer», anticipe Marc Lefèvre, rappelant que la dette des entreprises françaises est désintermédiée à 39% en France, pour une moyenne européenne à 30%.
La valorisation du CAC 40 a atteint son meilleur niveau à près de 1.500 milliards d’euros, grâce à l’amélioration des résultats. Toutefois, le ratio price-to-book, à 1,57 est loin des 2,12 de 2007, et les incorporels pèsent pour 37% de la capitalisation contre 53% en 2007. «Ce qui laisse une marge de progression boursière, d’autant que les fondamentaux des entreprises sont sains», conclut Marc Lefèvre.
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