Le sort de l’allemand Grohe donne lieu à une partie de poker menteur
L’avenir du numéro un européen de la robinetterie pour cuisine et salle de bains, l’allemand Grohe, se joue en ce moment dans le cadre d’une véritable «partie de poker», comme le souligne une source proche citée par Reuters. Les actionnaires, TPG et la division capital-investissement de Credit Suisse, ont engagé en avril un processus de cession de Grohe, acquis pour 1,5 milliard d’euros auprès de BC Partners en 2004. Les propriétaires conserveraient ouvertes les deux options d’une introduction en Bourse et d’une cession en bloc, mais semblent désormais presser le pas.
Ils pourraient bien en effet entamer dès cette semaine une procédure d’IPO, afin de parer à l’échec des négociations en cours pour une cession directe, ou de hâter la signature d’un accord de vente, sachant que la procédure de lancement d’une IPO pourrait durer au moins un mois.
Selon diverses sources, en premier lieu le Wall Street Journal, le japonais Lixil aurait formulé l’offre la plus intéressante à TPG et Credit Suisse, une offre de plus de 3,0 milliards d’euros. Il s’agirait de la plus importante acquisition en Allemagne par un groupe japonais.
Lixil, qui ne fait pas mystère de sa volonté de croissance internationale (comme il l’a récemment démontré aux Etats-Unis), pourrait selon le Nikkei bénéficier du soutien de la Banque de développement du Japon. Un porte-parole a indiqué que l’industriel étudiait le dossier sans avoir pris pour l’instant de décision. Tandis qu’un porte-parole du concurrent suisse Geberit a assuré que son groupe n’avait pas soumis d’offre ferme. Mais il pourrait se placer parmi les prétendants si les discussions avec Lixil devaient échouer. Reuters croit de plus savoir que l’américain Fortune Brands et le brésilien Duratex ont renoncé.
Les pourparlers quant à la valorisation de Grohe semblent mettre la pression sur TPG et Credit Suisse. Ces derniers visaient en effet au printemps dernier un prix de 4 milliards de dollars, en ligne avec celui de Geberit qui capitalise environ 14 fois l’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Mais les candidats potentiels feraient valoir une marge correspondante inférieure de 6 points côté Grohe, à 19% (273 millions d’euros l’an passé).
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