Le sort d’Ascométal sera scellé aujourd’hui
Sauf coup de théâtre, Ascométal devrait aujourd’hui finir dans les bras d’Asco Industries, la société créée pour l’occasion par Frank Supplisson, ancien directeur de cabinet d’Eric Besson, ministre de l’Industrie sous Nicolas Sarkozy. Son offre de reprise déposée auprès du tribunal de commerce de Nanterre a été vivement et publiquement soutenue par Arnaud Montebourg, le ministre de l’Economie.
Même l’ancien Premier ministre François Fillon s’est fendu d’une lettre auprès de Manuel Valls pour lui demander de s’opposer à l’offre concurrente du brésilien Gerdau, qui aurait pourtant la préférence des juges du tribunal de commerce. François Fillon appelle même le gouvernement à inaugurer l’usage du nouveau décret permettant de contrôler les investissements étrangers en France en raison du caractère stratégique de la cible. Ascométal fabrique des aciers longs spéciaux pour l’automobile, les industries mécaniques, les ressorts et roulements ou les groupes de pétrole et de gaz.
En plus de son insistante pression, le gouvernement s’est engagé à soutenir financièrement l’offre élaborée par Asco Industries. Le Fonds de développement économique et social (FDES) a prévu de débloquer un prêt de 35 millions d’euros qui s’ajouteraient aux 55 millions d’euros de fonds propres apportés par Sparkling Industry, holding de tête d’Asco Industries. Aux côtés de Frank Supplisson et de plusieurs autres actionnaires minoritaires comme Guy Dollé et Noël Forgeard, les anciens patrons d’Arcelor et d’Airbus, cette holding compte l’industriel suédois Ovako, les fonds Européenne de participations industrielles, Warwick et Davidson Kempner, ainsi que le conseil régional de Lorraine.
En plus de leurs apports en fonds propres de 12,5 millions d’euros chacun, Warwick et Davidson Kempner ont prévu d’ajouter deux prêts de 20 millions d’euros, dont la rémunération s’élève à 7% par an, avec un remboursement in fine à 7 ans, assorti d’un intéressement à maturité supplémentaire de 9% l’an capitalisé. Quant au prêt à 7 ans du FDES, financé par Natixis, la marge s’élève à Euribor 3 mois plus 650 points de base. De quoi laisser peu de marge d’erreur à Asco Industries.
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