Le silence de Facebook sur le trimestre en cours suscite une vive déception
Facebook s’est frotté hier, non sans perdre encore de sa superbe, aux exigences élevées de la communauté financière. Entré en Bourse en mai avec une capitalisation de plus de 100 milliards de dollars, le titre a depuis subi la défiance des analystes quant à la capacité du réseau social à maintenir son rythme de croissance. La publication hier soir des premiers résultats trimestriels de Facebook en tant que société cotée ne lui a pas permis de redorer son blason. Dans les échanges électroniques suivant l’annonce, le titre dégringolait de plus de 10% sous la barre des 24 dollars. Il a fait son entrée en Bourse à 38 dollars. A la clôture de la séance officielle hier, l’action avait déjà abandonné 9% au lendemain de l’abaissement drastique des prévisions de l’éditeur de jeux Zynga, qui contribue à hauteur de 10% des revenus de Facebook et dont le titre a chuté de 37%.
Le réseau social a pourtant fait état d’une hausse conforme aux attentes de 32% de son chiffre d’affaires trimestriel, à 1,18 milliard de dollars, pour une perte nette de 157 millions. Le rythme de croissance trimestriel est le plus faible depuis le premier trimestre 2011, quand Facebook a commencé à rendre public cet indicateur. Facebook a dit compter 955 millions d’utilisateurs actifs à fin juin, contre 901 millions à fin mars. Mais la société n’a pas souhaité dévoiler de prévisions pour le trimestre en cours, ce qui a suscité la défiance des opérateurs. De quoi en effet «amener certains (analystes) à se demander si les objectifs annuels sont en mesure d'être atteints», selon Richard Greenfield chez BTG.
Mark Zuckerberg, le directeur général de Facebook, a déclaré que le groupe «investissait très lourdement» dans ses applications mobiles. Les utilisateurs utilisent en effet de plus en plus des terminaux mobiles pour consulter Facebook, qui éprouve des difficultés à tirer de ces appareils autant de revenus publicitaires qu'à partir de postes fixes. Facebook naturellement estime que les mobiles représentent une grande opportunité à long terme. «La grande question est de savoir comment monétiser le presque milliard d’utilisateurs que compte la société. Bon nombre de gens pensent que le groupe n’en est pas capable. (...) Je ne veux pas dire que le scénario Facebook ne fonctionne plus mais il est cabossé», a de son côté estimé Michael Matousek, courtier chez US Global Investors.
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