Le secteur indien de la distribution entre en ébullition
L’un des derniers grands bastions protégés du monde de la distribution est en train de tomber. Après une valse-hésitation, le gouvernement indien va finalement autoriser les groupes étrangers à exploiter des supermarchés dans le pays, en coopération avec des partenaires locaux. Jusqu’à présent, Wal-Mart, Carrefour ou Tesco ne pouvaient être présents que sur le marché de gros. Toutefois, les chaînes étrangères ne pourront pas détenir plus de 51% du capital d’une société indienne et leur investissement sera soumis à certaines règles, notamment en matière d’approvisionnement auprès de producteurs locaux.
Cette annonce, destinée à renforcer la concurrence et à combattre indirectement l’inflation, a mis le marché local en ébullition. Sur le papier, tout laisse à penser que les géants occidentaux de la distribution chercheront à profiter de cette libéralisation. L’Inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde après la Chine. Son commerce est encore largement désorganisé et morcelé. Enfin, le chiffre d’affaires du marché indien de la distribution est estimée à 505 milliards de dollars et pourrait monter à 725 milliards en 2017, selon Technopak Advisors.
Wal-Mart, le numéro un mondial, a régulièrement fait part de son intérêt pour le marché indien. Hier, la direction de l’américain a indiqué prendre connaissance de la décision du gouvernement et va étudier ses options. Selon les analystes, elle pourrait chercher à nouer un accord avec Pantaloon Retail, le premier exploitant indien de supermarchés.
Wal-Mart semble être le mieux placé pour profiter en premier de l’ouverture des frontières. D’une part, il est déjà fortement implanté en Inde dans le commerce de gros via sa filiale avec Bharti Enterprises. Ensuite, ses principaux concurrents, Carrefour en tête, sont contraints par des situations financières tendues.
Selon les estimations des SMC Global Securities, le nouvel entrant pourrait avoir à investir un demi-milliard de dollars en trois ou cinq ans pour pouvoir prendre position dans les principales villes du pays et attendre les premiers bénéfices. L’entrée sur un nouveau marché est toujours risquée. Wal-Mart peine à dégager des profits en Chine malgré douze années de présence dans le pays. Cette ouverture devrait aussi, au final, bénéficier aux développeurs de centres commerciaux, des structures qui font encore cruellement défaut dans le pays.
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