Le secteur financier prend du galon dans l’indice Dow Jones
Une petite révolution frappe le plus vieil indice boursier au monde. Après cinquante-quatre ans de présence, le géant de l’aluminium Alcoa va quitter le Dow Jones Industrial Average, remplacé par Nike. Il sera accompagné vers la sortie par deux autres valeurs : Bank of America, qui cède sa place à Goldman Sachs, et Hewlett-Packard, qui s’efface au profit de Visa.
Ces rotations, annoncées hier par le comité des indices de S&P Dow Jones Indices, seront effectives à la clôture du marché le vendredi 20 septembre. Il faut remonter à avril 2004 pour observer autant de mouvements en une seule fois : AT&T relevé par AIG, Eastman Kodak par Pfizer et International Paper par Verizon Communications.
Ces changements «s’expliquent par le bas niveau des cours des trois actions sur le point d’être remplacées et le désir de diversifier la représentation de l’indice en termes de secteur et de catégorie d’industrie», détaille un communiqué de S&P Dow Jones Indices. Avec le Nikkei 225, le Dow Jones est le seul indice boursier au monde à être pondéré sur la valeur des actions le composant et non sur la capitalisation boursière (à l’image du S&P 500). Une situation qui explique pourquoi le titre Apple, dont le cours dépasse les 500 dollars, reste exclu de l’indice.
Les trois valeurs sortantes paient leur dégringolade boursière. Même si HP a gagné plus de 50% depuis le début de l’année pour dépasser les 20 dollars, le titre reste loin de son niveau de 2010 (près de 55 dollars). Alcoa, qui a clôturé lundi à 8,08 dollars, cotait 40 dollars en 2007. Quant à Bank of America, il s’établissait à 14,48 dollars, contre 50 dollars il y a plus de six ans.
«Au fil du temps, le Dow va se comporter très différemment», explique dans une note à ses clients Daniel Greenhaus, chef stratégiste chez le courtier BTIG. «Visa devrait devenir le deuxième titre le plus important de l’indice et Goldman Sachs le troisième», ajoute-t-il. L’action Goldman Sachs gagnait plus de 3% hier en séance (à 164 dollars), tandis que Visa s’octroyait un gain de 2,5% (à 183 dollars).
Les nouveaux entrants permettent au secteur financier, au sens large, de prendre plus de poids dans l’indice. Goldman Sachs et Visa rejoindront JPMorgan, Travelers et American Express. Ces cinq valeurs représenteront désormais près de 25% de l’indice boursier américain, contre environ 11% précédemment.
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