Le secteur énergétique espagnol électrocuté par les rumeurs de réforme
La vice-présidente du gouvernement espagnol, Maria Saenz de Santamaria, a annoncé vendredi à l’issue du Conseil des ministres que Madrid adoptera une loi destinée à trouver une solution au déficit tarifaire électrique. Selon des fuites, le gouvernement envisagerait d’augmenter les impôts et les taxes aux entreprises du secteur pour combler un déficit qui s’accumule depuis des années. Une facture qui s’élève désormais à 24 milliards d’euros, dette de l’Etat auprès des compagnies électriques. Ce déficit provient de la différence entre le prix de l’électricité, réglementé par l’état, et son coût réel, notamment en raison des subventions et des primes de revente dans le secteur des énergies renouvelables, réduites cette année.
«Pendant des années, ces compagnies demandaient toujours plus de droits alors qu’elles enregistraient des bénéfices spectaculaires», souligne Manuel Romera, directeur du secteur financier à l’IE Business School. Il considère que les compagnies énergétiques assument leur part et rappelle qu’une partie de la charge a été reportée sur les consommateurs avec l’augmentation de 7% en avril dernier et de 4% ce mois-ci du prix de l’électricité. Mais les hausses d’impôts et des taxes envisagées par le gouvernement pourraient, selon l’analyste Nuria Alvarez de Renta 4, avoir «des répercussions négatives dans les résultats» des entreprises concernées.
Selon El País, les hausses fiscales pourraient atteindre 11% pour l’éolien, 19% pour le photovoltaïque, 13% pour le solaire et 4,5% pour la biomasse. Le nucléaire et l’hydroélectrique pourraient être taxés de 4% par mégawattheure facturée. Andrew Moulder de CreditSights estime que l’impact fiscal sur les résultats annuels d’Iberdrola, Endesa et Gas Natural pourrait s'élever à respectivement 700, 550 et 200 millions d’euros.
De leur côté, les marchés n’ont pas tardé à réagir. Les titres des trois groupes ont vivement chuté à l’ouverture avant de se ressaisir. Une volatilité naturelle selon Manuel Romera face à «l’incertitude provoquée par le changement des règles du jeu».
Cependant, El Pais remarque que le projet de prolonger la vie des centrales nucléaires de dix ans, et de vingt ans pour les centrales hydroélectriques, permettrait aux entreprises d’engranger des recettes de plus de 60 milliards d’euros.
Plus d'articles du même thème
-
L'appétit pour le luxe revient, porté par la vague de l'IA
L’envolée boursière portée par l’IA enrichit des milliers d’employés et redessine les circuits du luxe. Les marques de prestige sont bien positionnées pour capter cet effet richesse. -
Paprec ajoute 400 millions d'euros d'obligations dans sa corbeille
Cette enveloppe supplémentaire provient d'un placement privé piloté par BNP Paribas et la Société Générale sur deux souches obligataires. Elle sert à financer la croissance externe. -
Iliad boucle 10 milliards d'euros de financements
Après avoir sécurisé 6,5 milliards d’euros dans le cadre du projet d’acquisition de SFR, le groupe de télécommunications annonce le refinancement de deux de ses principales lignes bancaires pour un montant total de 3,5 milliards d’euros.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
Contenu de nos partenaires
-
Santé : pourquoi vos cotisations de mutuelle risquent encore de grimper
L’exécutif veut transférer jusqu'à 2 milliards d'euros aux complémentaires. Il espère ainsi enrayer la dégradation des comptes sociaux liée au blocage du détroit d’Ormuz -
Maisons du Monde annonce la signature d’un plan de sauvetage avec deux fonds britanniques
La chaîne d’ameublement et de décoration a annoncé une perte de 406 millions d’euros en 2025. Le plan de sauvetage, porté par les fonds Alteri Investors et Eicos Investment Group, nécessite d’être validé par les actionnaires -
Guinness des recordsStéphane Le Foll : « Si Olivier Faure poursuit sur sa lancée, le PS peut faire pire qu'en 2022 »
Très critique envers la direction du Parti socialiste, le maire du Mans réunira Raphaël Glucksmann, François Hollande et Bernard Cazeneuve à l'occasion d'un débat, le 27 juin. Pour le Sarthois, « le premier qui assumera clairement sa candidature prendra un avantage décisif » sur ses concurrents pour l'Elysée.